Infrastructures: Gros plan sur EXPO-BETON 2022(vidéo)

La 6e édition d’EXPO-BETON s’est ouverte ce mardi 30 novembre devant le chef de l’état Félix Tshisekedi Tshilombo.

Félix Tshisekedi saluant l’initiateur d’EXPO-BETON Jean Bamanisa

Placée sous le thème : « 5 Piliers pour rebâtir Kinshasa Horizon 2036 vus par les Sénateurs de la ville de Kinshasa », cette rencontre d’experts du bâtiment a pour objectif d’achever les réflexions entamées lors de la 5ème édition sur le statut de Kinshasa comme province, et pas seulement comme ville, et de poursuivre ces mêmes réflexions sur la politique de modernisation de la capitale »,a  fait savoir son organisateur principal, Jean Bamanisa.

 « Le choix de cette sixième thématique tire son origine du constat fait par les sénateurs de la province de Kinshasa, du 15 décembre 2020 au 15 mars 2021, avec comme thème « 10 projets pour rebâtir Kinshasa », regroupés  autour de 5 Piliers, à savoir  l’administration, l’éducation et le tourisme, le transport, l’aménagement urbain et les infrastructures et le financement »,  a révélé en outre Jean Bamanisa.

Des experts pour le développement de la ville de Kinshasa

vue des intervenants

Durant trois jours, soit du mardi 30 novembre au vendredi 3 décembre, des intervenants tentent de faire une autopsie des villes de la République démocratique du Congo, en général, et de Kinshasa , en particulier, et proposer des pistes de solution.

Sénateur Ilunga Civuila

Le Sénateur Ilunga Civuila, Vice Président de la Commission des Relations avec les institutions et ETD puis Président du Panel Etat des lieux de la ville de Kinshasa, soutient que le budget de la ville n’impacte nullement sur les différents problèmes dont fait face Kinshasa.
Pour lui, l’opération Zéro trou et autres initiatives sont un échec. Il a relevé les raisons de cet échec en ces termes :

Sur le plan de l’administration : superposition ou dichotomie quant à sa gestion;
Sur le plan du transport : le plan d’aménagement reste inopérant, des bouchons monstres. Les plans d’aménagement ne sont pas mis en exergue;
Sur le plan financier : Kinshasa dispose des moyens suffisants pour réhabiliter la ville, mais rien n’est fait sur ce point.

Le Sénateur Patrick Lubala , Rapporteur du Caucus des sénateurs de Kinshasa, a fait la synthèse des rapports des sénateurs de la ville de Kinshasa:

Il faut renouveler les routes urbaines. Kinshasa doit revêtir sa robe d’antan;
Il faut vite arrêter cet état de choses, un spectacle déshonorant qu’offre Kinshasa au quotidien. A cela se mêlent les vendeurs à la criée, des débits des boissons, des églises de réveil spécialistes de la pollution sonore diffusée à la longueur de la journée. Des vendeurs occasionnels occupent à leurs risques et périls les trottoirs;

Donner à l’institution municipale ses lettres de noblesse. La commune doit reconquérir ses prérogatives en sa qualité d’entité la plus proche des citoyens

Les propositions du caucus se fondent sur l’insouciance institutionnalisée des pouvoirs sur le vécu quotidien des populations. Les bourgmestres ne doivent plus être considérés comme des sous-fifres

Les communes ne gèrent plus rien. Elles sont privées de tout à cause de la centralisation par le gouvernorat

Comment rebâtir la ville de Kinshasa ?
La réponse dans la restitution des travaux en ateliers.

Michel Muyumbu

Michel Muyumbu, Président de la corporation nationale des ingénieurs BTP et Expert en Normalisation est intervenu sur

Les conséquences de la non-mise en application des différents plans d’aménagement de la ville de Kinshasa.

Son exposé s’est articulé autour de plusieurs points :
Développement urbain : phénomène démographique ayant tendance à la concentration de la population dans un centre urbain.

Selon lui, le Zonage est un règlement fort à respecter pour le développement d’une ville. Cela permet de régir une ville, la développer de façon ordonnée. Le cas de Limete industriel est trop flagrant où les usines qui tournent 24h cohabitent avec les maisons résidentielles

A l’époque coloniale, l’occupation des terres était très bien réglementée.

Matalatala

M. Matalatala de la Prévention routière est parti de l’observation de son homologue français qui lui fait remarquer que le parc automobiles de Paris est de 3 millions des véhicules alors que Kinshasa avec ses 9965 km2 ne dispose que 600 milles véhicules. Paris en tant que ville est trop petite par rapport à Kinshasa. Le problème ce qu’on n’a rien construit comme route depuis le départ des Belges alors que la population kinoises est partie de 300 mille a l’indépendance à plus ou moins 16 millions d’habitants. Pour lui, c’est l’homme qui est à la base de cette situation.
Quel sera le comportement des wewa ou conducteurs de motos-taxis surtout qu’ils ne sortent pas d’auto-école, la même situation on la trouve chez les chauffeurs de taxi-bus et taxi. Tous posent des actes inciviques à la longueur des journées. Tous ignorent tout de code de route: En outre, nos routes sont restées dans les 7 m et sont construites sans le parking de stationnement. Nous avons 600 mille véhicules qui tous le matin vont dans une même direction et le soir empruntent la direction contraire. Cette situation doit interpeller tous pour changer la donne. Tout ça sont les causes pour endiguer les bouchons à travers la ville de Kinshasa, a-t-il conclu.

Le Représentant de la corporation réunissant les chauffeurs s’est exprimé en lingala. Il a fustigé le comportement des autorités, des gouvernants et des officiers généraux de l’armée qui leur intiment l’ordre de rouler même à contre sens. Pour lui, c’est leur souci d’arriver à destination à un temps record pourtant, il a quitté la maison juste à quelques minutes du temps pour lequel il devrait arriver. Il a proposé que les agents de la police de la circulation routière soit secondée par le Police Militaire, PM. Ce dernier a évoqué le problème de ristourne entre les policiers. Il font tout pour soutirer de l’argent aux conducteurs par des mécanismes autres. Il demande qu’on paie bien les agents de la PNC, du ministère urbain des transports qui prennent de l’argent entre les mains des conducteurs pour leur propre compte.
Il recommande qu’on puisse avoir de l’estime envers les chauffeurs qui sont très importants dans le déplacement de chacun.

Thysia Mukuna

Mme Thysia MUKUNA a insisté que les PME progressent et se transforment en grandes entreprises:

 » Au Congo, il se pose problème de mieux paraître par certains jeunes débutants; tel ce jeune qui avait un projet de faire tourner le groupe électrogène avec de l’huile végétale en lieu et place du carburant et qui a consommé son 1er crédit. L’entrepreneur doit savoir ce qu’il veut c’est à dire son objectif et tout faire pour l’atteindre. l’État doit aider, mieux faciliter cela par des lois qui permettent à ces entreprises d’évoluer. On doit relancer notre économie qui nous éviterait de dépendre de l’étranger« , a -t-elle insisté.

Félly SAMUNA

Félly SAMUNA, Fondateur de Ingenious City a aussi insisté sur : « l’entrepreneuriat des jeunes », l’idée a été toujours son leitmotiv:

« Il faut pousser des jeunes à être des créateurs d’emplois« .

Il s’est donné comme mission de former des jeunes et de leur permettre de démarrer leurs propres entreprises:

« Et ça marche très bien, les jeunes veulent entreprendre, il suffit tout simplement de leur tendre la main« .

Il conseille d’aller vers la rupture et demande aux sénateurs de prendre les choses en mains en dotant le pays des lois sur l’entrepreneuriat des jeunes.

Jean N’Sele Ekofo

Jean N’SELE EKOFO, doyen parmi les banquiers de la RDC, tient à investir sur les jeunes pour le développement :

 » Nous avons l’obligation de contribuer massivement à notre développement. Chaque année des milliers des jeunes deviennent des diplômés, que faisons-nous de ces jeunes, comment les utilisons-nous. L’aide étrangère ne résout pas l’entièreté de problème que nous avons, nous devons compter sur nos propres forces« .

Sénateur Rubuye


Le Sénateur Rubuye s’est interressé à la création de la classe moyenne des jeunes à Kinshasa :

« l’histoire de la ville de Kinshasa est une chronique de plans d’aménagement sans matérialisation. Le prêt à la création des micro-entreprises, l’entrepreneuriat de la jeunesse, etc. Pour capitaliser l’homme kinois, il faut créer une classe moyenne des jeunes kinois. Mettre en place des micro-entreprises industrielles. L’activité économique doit relancer la jeunesse. Lancement des entreprises de proximité, start-up, etc.

Plusieurs autres intervenants ont édifié les participants par leurs sujets dont le président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa, le Professeur Docteur Gode Mpoy.

Cette 6e édition d’EXPO-BETON se clôture ce vendredi 3 décembre au Palais du peuple.


Sam Nzita

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