RDC: Les élections d’abord!

La République démocratique Congo devrait être un pays à cataloguer, à spécifier par rapport à d’autres pays sur la planète terre, car ce qui s’y passe n’a rien de semblable avec d’autres nations.

En effet, à peine que le nouveau président Félix Tshisekedi , proclamé président le 20 janvier 2019, a pris ses fonctions le 30 janvier 2019, que des voix ont commencé à se lever pour les élections de 2023, soit 4 ans plus tard. Ce vent, a vite gagné les esprits comme un envoûtement.

La première personne à lancer un cri d’alarme est l’influenceuse et journaliste Elisée Odia de Top Congo, laquelle, dans l’un de ses tweets pose une problématique ,qui, malheureusement, est passée inaperçue, si pas, engloutie par les bruits des élections.

Celle-ci se demandait comment un peuple qui n’a pas encore jouit des fruits du programme lui présenté durant la campagne électorale par le nouveau président au pouvoir, Félix Tshisekedi, à travers le slogan « Le peuple d’abord », soit déjà projeté vers d’autres élections prévues en 2023?

Cap vers les élections de 2023

La journaliste Elisée Odia n’avait pas tord, car cette tendance prit une ampleur sans précédent alors que Félix Tshisekedi n’a encore rien proposé de concret sur le social, la sécurité et autres défis majeurs. La seule carte brandie par le candidat Cach est la gratuité de l’enseignement au primaire et au secondaire. Le front commun pour le Congo, Fcc, n’a jamais reconnu la paternité de cette gratuité à « Béton ».

C’est le président Tshisekedi qui sera la première personne à déclamer tout haut lors de son séjour en Ituri durant un meeting à Bunia au mois de Juin passé qu’il briguait un deuxième mandat en 2023. Nous sommes en 2021 et le peuple affamé observe.

Entre temps à Kinshasa, un frère du chef de l’Etat, parce qu’issu d’une même tribu, n’hésite pas à lancer un nouveau concept qui rappelle les atrocités en côte d’Ivoire lesquels mèneront l’ancien président Bgagbo Laurent à la Cpi, « la congolité ». Le candidat malheureux à la présidentielle de 2018, Noel Tshiani, s’évertue déjà à faire barrer la route à certains potentiels candidats. Selon le projet de loi Tshiani portée et soutenue par un député national de l’Union sacrée, de la famille du Chef de l’état Félix Tshisekedi, Pitshou Pululu: ne peut prétendre occuper le poste du Chef de l’Etat qu’un congolais né de père et de mère congolais.

Après l’annonce de Félix Tshisekedi à sa propre succession, les présidents de deux chambres du Parlement, Modeste Bahati pour le Sénat, et Christophe Mboso pour l’Assemblée nationale,n’ont pas tardé de lui apporter officiellement leur soutien.

Plus rien n’arrête cette fièvre des élections. Certains crient déjà au glissement et d’autres exigent les préalables pour des élections crédibles. Pour le Ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, il n’y a pas lieu de parler de glissement en 2023 car le gouvernement des warriors disposent d’un budget conséquent à l’organisation des élections. Du côté de la Céni où la désignation du remplaçant de Corneille Nangaa pose problème, le président de la commission politique, administrative et juridique, le député national et professeur André Mbata, un proche du président Tshisekedi, rassure que, malgré les tergiversations des chefs des confessions religieuses, les membres du bureau de la Céni seront désignés par la plénière de l’Assemblée nationale.

Les warriors plus cupides que jamais

Devant ce qui s’avère être désormais une priorité, les membres du gouvernement de Sama Lukonde n’ont pas tardé à afficher un comportement qui frise les détournements des deniers publics comme l’a si bien constaté le très redouté Jules Alingete qui a tenu à rappeler à ceux qui ont la gestion des affaires de l’état que: Union sacrée ou pas, tout le monde est poursuiivable.

Certains warriors ont été pris la main dans le sec. C’est le cas de la Ministre de la Formation professionnelle dont le conseiller financier est aux arrêts depuis le jeudi 18 Août dernier pour avoir détourné 12.000 $. Le Ministre de l’Epst, Tony Mwaba a aussi été indexé par l’Inspection générale des Finances pour tentative de détournement. Le Ministre de la Communication et Médias, quant à lui, a préféré déplacer le coffre-fort du Ministère du bureau du comptable pour le bureau de son directeur de cabinet pour des raisons inavouées. Un autre warrior et pas le moindre, Muhindo Nzangi, Ministre de l’Esu, a ordonné à tous les chefs d’établissements de lui verser chacun 20.000 $ pour l’organisation des états généraux de l’enseignement supérieur.

Devant ce comportement assez compromettant, un observateur averti lâcha: « Ces warriors ont désormais la tête ailleurs: ce n’est plus le peuple d’abord mais les élections d’abord »!

Sam Nzita

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