Fridolin Ambongo :  » le Congo n’a pas d’armée »!

Le cardinal Fridolin Ambongo a célébré la messe pascale, le samedi 30 mars à la cathédrale Notre-Dame du Congo à Lingwala. Dans son message traditionnel à l’occasion de cette grande fête chrétienne, l’archevêque de Kinshasa a dénoncé l’insouciance des autorités face à l’activisme rebelle du M23 dans l’est du pays sur fond, selon lui, d’actes qui fragilisent le pays

Dès l’entame de son homélie, le prélat catholique a posé un diagnostic très critique sur l’état du Congo :

« Nous savons très bien que notre pays est aujourd’hui un pays en agonie, un grand malade dans un état comateux. La justice est la première instance à bafouer les droits de simples citoyens et nous tenons ici des discours comme si nous étions forts. La réalité est que le Congo n’a pas d’armée. »

Le cardinal a expliqué ensuite que l’est du pays continue d’être occupé tandis que le pays « n’a aucune force pour défendre l’intégrité de son pays. Un éléphant aux pieds d’argile (…) c’est très grave pour une nation comme la nôtre », a-t-il commenté.


Fridolin Ambongo s’est adressé aux autorités, leur demandant de cesser des actes susceptibles de pousser à la rébellion. Une référence au ralliement de certains cadres de l’ex-parti présidentiel au M23. 

« Nous pouvons les traiter de traîtres, ils ont pris la cause de l’ennemi, mais la question de fond, c’est pourquoi ces gens ont-ils agi de cette manière-là ? C’est parce qu’au niveau d’ici, nous continuons à poser des gestes qui blessent les autres, qui fragilisent la communion nationale, qui excluent les autres. »

L’ancien président de la Commission Justice et Paix soutient, par ailleurs, que son pays a touché le bas-fond de la souffrance. Il reconnaît aussi que la RDC n’est pas que victime de ses dirigeants en pointant aussi la voracité des compagnies minières et les visées territoriales expansionnistes de ses voisins.

Don Petit N’kiar

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