AMILKA:commémoration des événements des 04 juin 1969 et 1971

l’Amicale des anciens étudiants miliciens Lovaniards et Kasapards (AMILKA) a commémoré, ce samedi 05 juin, dans la salle de conférence de la paroisse Sainte Anne,à la Gombe, le cinquantième anniversaire de l’enrôlement dans l’armée ,en 1971,des étudiants de l’Université Lovanium et ceux de l’Université officielle du Congo,UOC,sigle, par le pouvoir dictatorial du feu président Mobutu.

L’éducation en lambeau

« Ce jour est aussi le cinquantième anniversaire du début de la dégradation de l’enseignement supérieur et, pour tout dire,de tout le système éducatif de notre pays. », a déclaré le docteur Jean-Baptiste SONDJI,président d’AMILKA.

Dr Sondji, Président d’AMILKA

 » Le 04 1971 est indissociable du 04 juin 1969 qui s’inscrivait lui-même dans la lignée de la grève des étudiants de l’Université Lovanium de 1964. »,a poursuivi le président de l’Amicale des anciens étudiants miliciens Lovaniards et Kasapards.

Vue d’ensemble

« Nous commémorons, en ce jour,la fermeture de l’Université Lovanium,l’enrôlement de tous ses étudiants dans l’armée nationale congolaise pour deux ans et l’incarcération à la prison de Luzumu de ceux, parmi eux, qui étaient considérés comme des meneurs, l’enrôlement volontaire pour sept ans de certains étudiants de l’Université officielle du Congo (UOC)et leur internement à la base militaire de Kitona(camp BAKI) et la restructuration regrettable de l’enseignement supérieur et Universitaire du pays. », a affirmé monsieur Komba Nkoko Deko Bernard, secrétaire d’AMILKA.

Modeste Mbonigaba, l’un des rescapés et moderateur de la journée

Les revendications des étudiants congolais dans leur ensemble, en ce temps, poursuit le docteur SONDJI,n’étaient basées que sur une formation de qualité, certes,mais adaptée aux réalités congolaises. Les étudiants ne demandaient que de meilleures conditions de vie dans le campus; donc de meilleures conditions d’études.
Contrairement aux mouvements estudiantins antérieurs, avoue le président d’AMILKA, les événements du 04 juin 1971,étaient de simples manifestations commémoratives.

Les anciens camarades de Lovanium se souviennent de ce dure parcours

« En effet, voulant se souvenir de leurs collègues fauchés à fleur de l’âge, deux années auparavant, les étudiants de Lovanium organiseront une marche pacifique dont l’aboutissement était la construction d’une sépulture symbolique pour leurs compagnons qui n’en avaient pas une,alors qu’une stèle venait d’être érigée à Nsele,à la mémoire d’un foetus de Mobutu, mort de prématurité ainsi qu’un deuil national décrété, peu avant, à la mémoire de la mère de Mobutu, mama Yemo. Comme on peut le constaté, sur le plan factuel, il s’était rien passé de grave justifiant des mesures,qui elles,étaient d’une extrême gravité. », a renchérit le numéro un d’AMILKA.
A l’UOC de Lubumbashi, martèle le docteur SONDJI, apprenant l’enrôlement dans l’armée de leurs collègues de Lovanium, les étudiants contestent cette décision qu’ils jugent inacceptable. Ils décident et demandent qu’ils soient enrôlés à leur tour dans l’armée. Le pouvoir qui ne s’attendait pas à cette réaction, furieux, et dans l’espoir de les décourager, menace les étudiants que les volontaires seraient alors enrôlés dans l’armée pour sept ans. Au total, 204 étudiants passeront 13 mois, internés à la base militaire de Kitona,les étudiants poursuivant leurs cursus académiques.
Faisant suite à ses événements anodins, souligne le président d’AMILKA, les Universités de Lovanium et celle de Kisangani sont nationalisées.
De manière précipitée,et donc sans une préparation suffisante, admet-il, tout le système universitaire et celui de l’enseignement supérieur sont fondus dans un grand ensemble, l’Université nationale du Zaïre, UNAZA en sigle.Les supports didactiques comme les bibliothèques sont dilapidés lors des transferts intempestifs Les programmes d’enseignement sont reformulés avant d’avoir formé les enseignants chargés de les appliquer.

« Mobutu voulait carrément détruire l’Université et tout le système de l’enseignement supérieur et universitaire pour asseoir son pouvoir. Après avoir maîtrisé les contestations estudiantines,il aura les coudées franches pour s’autoriser ce qu’il n’osait pas faire auparavant : changement de nom du pays, spoliation des biens et outils de production appartenant aux étrangers par la zairianisation,le recours à l’authenticité qui,notamment, transformait les congolais en danseurs et en chantres à la gloire du guide suprême qu’il voulait être. », a déploré le docteur SONDJI.

Président Sondji face à la presse

 » Nous devons continuer cette lutte et la perpétuer jusqu’à nos enfants avec les mêmes valeurs que nos pères. L’incorruptibilité reste la plus grande valeur que nous devons incarner dans ce combat. »,a soutenu le professeur Bodia Bavuidi,la fille d’un ancien milicien, le docteur Bavuidi Séraphin.

« Nous sommes là pour partager le sens de patriotisme,de courage et d’abnégation de nos parents car nous devons continuer leur combat. », a souligné monsieur Mike LUKUSA Mulamba,fils d’un ancien milicien, Richard Mulamba.

Le moyen le plus efficace de détruire un pays,d’empêcher durablement une société d’évoluer dans son développement est de s’attaquer à son système éducatif.

Serge Musene

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