- Espérons que le « cerveau » qui nourrit le narratif de Kinshasa a pleinement conscience de l’effet boomerang…
DANIEL MICOMBERO, ACTIF SUR LE RÉSEAU SOCIAL X.COM
La semaine du 18 au 25 janvier 2026 s’est terminée par une campagne de remise en cause du Processus de Doha ainsi que ceux de Luanda et de Lomé à la suite de ce qui est présenté à l’opinion comme preuve de l’aveu du soutien du Rwanda au M23-AFC ! Voici ce qu’en dit le 23 janvier Daniel Michombero, (journaliste indépendant, spécialiste en multimédia basé en RDC, fixer, éditeur, rédacteur, investigation, fast checker) dans le réseau social x.com : »Rwanda : l’ambassade aux États-Unis admet une coordination sécuritaire avec le M23, rompant avec des années de dénégation. Dans un document officiel publié par l’Ambassade du Rwanda aux États-Unis, Kigali reconnaît pour la première fois une coordination sécuritaire avec le M23, un mouvement rebelle actif dans l’est de la RDC. Cette déclaration marque un virage notable, alors que le Rwanda a toujours nié soutenir le M23 depuis le retour du groupe armé en 2021. Selon le texte, le soutien du Rwanda est conditionné à la neutralisation des Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR) par Kinshasa et se veut ‘défensif’. Le document précise que ‘l’AFC/M23 est un groupe congolais indépendant qui a ses propres griefs légitimes contre Kinshasa’, incluant assassinats, viols et discrimination systématique envers les populations tutsies congolaises, des engagements non respectés dans d’anciens accords de paix et l’exclusion des processus politiques. Le Rwanda justifie sa coordination comme un moyen de protéger les populations tutsies en RDC et d’éviter une nouvelle insurrection transfrontalière de type génocidaire, similaire à celle de la fin des années 1990, qu’il juge capable de menacer l’existence même du pays. Cette révélation risque de relancer les tensions diplomatiques entre Kinshasa et Kigali, alors que la communauté internationale suit de près les développements sécuritaires dans l’est de la RDC, où les affrontements entre l’armée congolaise (FARDC) et le M23 ont provoqué des déplacements massifs de populations et des crises humanitaires répétées »
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JEAN-PAUL SOKO, ACTIF SUR LE RÉSEAU SOCIAL WHATSAPP
Dans une réflexion portant le titre » Le processus de Doha est politiquement caduc après l’aveu du Rwanda sur l’AFC/M23 publiée le 25 janvier, Jean-Paul Soko, « Acteur, Analyste politique« , relève au point 1 intitulé La fin d’une rébellion présentée comme congolaise :« Les déclarations récentes du président rwandais Paul Kagame, confirmées par un communiqué officiel de l’ambassade du Rwanda aux États-Unis, marquent un tournant majeur dans la compréhension du conflit à l’Est de la République Démocratique du Congo. Ces prises de position mettent fin à la narration selon laquelle l’AFC/M23 serait une rébellion congolaise autonome. Il s’agit désormais clairement d’un groupe armé soutenu, financé et orienté par un État étranger. L’AFC/M23 apparaît ainsi comme un instrument politique et militaire du Rwanda opérant sur le territoire congolais. Le conflit change de nature : d’une crise interne, il devient un problème de souveraineté nationale et de relations interétatiques« .
Au point 2 intitulé « Le processus de Doha repose sur une fiction politique », JP Soko tire cette déduction : « Le dialogue de Doha a été conçu comme une négociation entre le gouvernement congolais et une rébellion présentée comme congolaise. Or, cette base politique est aujourd’hui invalidée par les déclarations convergentes des autorités rwandaises. On ne peut résoudre un conflit national par un dialogue lorsque l’un des protagonistes dépend directement d’un pouvoir extérieur. Maintenir ce cadre revient à transformer une agression indirecte en simple crise politique interne, ce qui affaiblit la lecture stratégique du conflit« .
Et de conclure : « En définitive les déclarations du président Paul Kagame et de l’ambassade du Rwanda aux États-Unis consacrent la fin d’une rébellion présentée comme congolaise. Elles rendent le processus dde Doha politiquement caduc« .
Au regard de ce qui précède, on peut dire que pour la Fatshisphère, il n’est plus question de Doha, de Luanda, de Lomé.
DÉNONCIATION ET ANNULATION DE L’ACCORD TRIPARTITE RDC-RWANDA-USA
Ne reste plus valable que le Processus de Washington.
Or, avec les prestations de Micombero et de Soko savamment construites, il va valoir aller au bout de la logique. Celle-ci consiste à en appeler à la dénonciation et à l’annulation pure et simple du CIER (Cadre d’Intégration Économique Régionale) constituant l’un des Accords signés le 4 décembre 2025 aux États-Unis.
Car, du moment que les Processus de Doha et de Washington sont intimement liés, la disqualification de l’un ne peut pas ne pas impacter l’autre.
Il est indiqué de le signaler : aux termes de la section IV de cet accord instituée « ENTRÉE EN VIGUEUR », les signataires ont convenu que « Les dispositions du présent Cadre prennent effet à compter de la bonne exécution du Concept d’opérations (CONOPS) figurant à l’annexe A de l’Accord de paix entre la République démocratique du Congo et la République du Rwanda, fait à Washington, le 27 juin 2025 et de l’Ordre d’opération (OROP) négocié à la réunion du Mécanisme conjoint de coordination de la sécurité (JSCM) des 17 et 18 septembre 2025 et approuvé par le Comité de surveillance conjointe de l’Accord de Washington le 1er octobre 2025. La bonne exécution du CONOPS et de l’OROP sera déterminé par le Comité de surveillance conjointe« .
Et l’article ajoute : « Les participants s’abstiendront de prendre part à toute communication publique ou autre initiative contraire aux dispositions de la présente section IV« .
Il y a de quoi perdre son latin !
POUR BRUXELLES ET LUANDA : DIALOGUE NATIONAL
Partant, le « cerveau moteur » qui organise et nourrit le narratif congolais a certainement réfléchi à la nouvelle donne créée pour disqualifier plutôt le Dialogue national que pour autre chose.
Pour rappel, la Belgique a renouvelé sa position en marge du sommet de Davos et l’Angola a fait de même à l’occasion de la présentation, par le Président Joao Lourenço, des voeux de son pays au corps diplomatique.
À Doha, le ministre belge des Affaires étrangères a publié le 20 janvier 2026 sur son compte x.com ce message :« Nous avons réaffirmé notre engagement pour une solution pacifique dans l’Est de la RDC et le respect pour son intégrité territoriale, et encouragé un dialogue national inclusif».
À Luanda, le 23 janvier le Président Joao Lourenço a estimé que « Le cessez-le-feu négocié à Doha, au Qatar, entre le gouvernement de la RDC et le M23 doit être mis en œuvre, tout en encourageant les autorités gouvernementales et la société civile congolaises à organiser sans plus tarder le dialogue intercongolais».
Avec le décor suggestionné par le « cerveau moteur » (croisons les doigts qu’il ne soit ni un cervelet, ni un écervelé), il est à espérer de l’administration Donald Trump un accord avec le schéma en promotion depuis la semaine passée. Car, dans le cas contraire, il se réalisera quelque chose de terrible pour Kinshasa pour ne pas citer Félix Tshisekedi : la perte de l’initiative politique en cas de tenue effective du Dialogue.
L’histoire pourrait alors se répéter : Mobutu et Laurent-Désiré Kabila l’avaient perdue par rapport respectivement à la CNS (Conférence nationale souveraine) de 1991 à 1993 et au DIC (Dialogue intercongolais) de 1999 à 2003.
Touchons du bois pour éviter l’épée de Damoclès « Jamais deux sans trois ».
Le bon sens ordonne de ne pas détruire un schéma donné sans un contre-schéma productif qui soit conséquent…
PROCHAINEMENT : Le deal minier avec les USA ne concernerait que le Katanga et le Kivu ?
Omer Nsongo die Lema
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