Une tribune de Omer Nsongo
- Le régime Tshisekedi a tout intérêt à s’en inspirer au moment où il priorise le débat autour de la Constitution, de l’agression, etc.
UN BILAN, À CERTAINS ÉGARDS, SEMBLABLE À LA SITUATION ACTUELLE
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« BALISES » publie depuis le 20 avril 2026 une série d’articles sur le 36ème anniversaire du discours historique du 24 avril 1990. Pour cette livraison, le sujet choisi est le bilan socio-écontomique fait par le maréchal Mobutu en personne. Reconnaissons que son aveu relève d’un courage et d’une honnêteté qu’on trouve rarement dans le microcosme politique congolais depuis 1960. Un bilan, à certains égards, semblable à la situation actuelle. De quoi nous interpeller indistinctement sans nécessairement nous étriper. Voici l’extrait de ce discours :
« Très chers compatriotes,«
« Trente ans après l’accession de notre pays à l’indépendance, nous sommes aujourd’hui à la croisée de chemins et devant des choix nouveaux. A l’analyse de tous les mémorandums qui m’ont été adressés, j’ai été surpris de constater que le peuple, à qui j’avais demandé de se prononcer seulement sur le fonctionnement des institutions politiques, a plutôt axé l’essentiel de ses doléances sur les difficultés qu’il éprouve dans sa vie quotidienne« .
« Ainsi, au plan social, on pourrait retenir notamment la dégradation des infrastructures sociales : Hôpitaux, écoles, universités, édifices publics. A cela, il faut ajouter :«
« la vétusté des formations médicales ;«
« la carence en équipements et en médicaments,«
« l’insuffisance du personnel médical :«
« la surpopulation dans les salles des cours ainsi que dans les résidences universitaires et les internats ;«
« la modicité des rémunérations des agents de l’Administration publique,« –
« le sous-emploi des cadres universitaires, certains abus qui se commettent par-ci par-là« .
« Au plan économique, il m’a été signalé entre autres :«
« la dégradation des voies de communication : routes, voiries, télécommunication ;
le poids de la fiscalité et de la parafiscalité ;«
« les tracasseries administratives ;«
« les invendus dans les collectivités rurales ;«
« la détérioration des termes de l’échange du paysan ;«
« l’insuffisance de l’énergie électrique dans certaines régions du pays« .
LE COUP DE COLÈRE DE NICOLAS KAZADI
36 ans après, au regard de la situation générale au pays, on ne dira pas qu’on a fait un grand bond en avant.
Pour le Congolais lambda, savoir le budget porté à 20 milliards de dollars américains et constater en même temps le Gouvernement dans l’incapacité d’assurer la régularité de la paie des fonctionnaires et agents de l’Etat au point d’être réduit non seulement à émettre des bons du Trésor en interne, mais en même temps à recourir à des emprunts sur le marché des eurobonds en externe, n’a rien de rassurant !
Au contraire, l’inquiétude croît.
Car, en comparaison avec un budget quatre fois moins, le Gouvernement sous le régime précédent :
-1. assurait régulièrement la même paie des mêmes fonctionnaires et agents de l’État ;
-2. finançait les mêmes infrastructures de base, peut-être avec moins d’intensité par rapport à maintenant ;
-3. faisait face au même effort de guerre ;
-4. etc.
Le coup de colère de Nicolas Kazadi dans une interview à Paulette Kimuntu avait étalé des vérités choquantes. Dont le train de vie réellement excessif des institutions publiques, à commencer par celles de la République identifiées à l’article 69 de la Constitution.
36 ANS APRÈS, FÉLIX TSHISEKEDI DANS LA MÊME SITUATION !
Le 24 avril 1990, le maréchal Mobutu aurait dû précéder les événements, c-à-d. préconiser, le premier, le Dialogue national sous forme de Conférence nationale.
Il devrait tirer de la réaction du peuple l’enseignement qui s’imposait.
En effet, pour avoir reconnu clairement sa surprise en constatant que le peuple mobilisé pour se « prononcer seulement sur le fonctionnement des institutions politiques, a plutôt axé l’essentiel de ses doléances sur les difficultés qu’il éprouve dans sa vie quotidienne« , il aurait dû admettre que la priorité pour son régime était du côté du socioéconomique et non du côté politique !
Hélas ! Il s’était laissé distraire en se préoccupant de sa survie politique. D’ailleurs, le premier pillage opéré en septembre 1991 doublé de suspension de la coopération structurelle avait sonné le glas pour son régime. L’écroulement des fondamentaux macroéconomiques avait plombé toutes les initiatives du redressement du tissu économique et social. L’Udps, mieux outillé, attaquait son régime par le côté le plus mou : le pouvoir d’achat.
Comme pour dire qu’au moment où il croit mobiliser la population autour des questions certes sensibles comme là Constitution, l’agression rwandaise ou les migrants, Félix Tshisekedi est interdit de regarder ailleurs. Pour le Congolais lambda, la préoccupation prioritaire est l’amélioration de son quotidien aux plans économique et social.
Ainsi, là où Mobutu espérait une solution politique, le peuple attendait une solution économique et sociale. Ne la voyant pas venir du Pouvoir, la population avait cédé aux sirènes de l’opposition pilotée par l’Udps.
36 ans après, Félix Tshisekedi se retrouve dans la même situation que Mobutu Sese Seko. Juste pour lui rappeler qu’au demeurant, le social constitue la priorité des priorités pour toutes les populations dans toutes les parties du monde.
Sur ce terrain-là, il n’y a ni « Bon côté de l’histoire » ni « Citoyens de bonne qualité« . Il y a un juge froid, implacable : chinchard dans l’assiette du zaïrois, pardon du congolais ! ».
PROCHAINEMENT : »33 partis politiques avec noms, prénoms et post-noms Tshisekedi ou Udps ! Qui l’eut crû ! »
Omer Nsongo die Lema
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