La capitale congolaise a été le théâtre d’un nouvel épisode de crispation politique ce lundi, au rond-point Kintambo Magasin, où une marche pacifique organisée par le parti ENVOL a viré à l’interpellation musclée de deux de ses cadres. En ligne de mire des manifestants : un accord migratoire controversé entre la République démocratique du Congo et les États-Unis, accusé d’opacité et de menacer la souveraineté nationale.
Peu après le début du rassemblement, la Garde républicaine est intervenue, procédant à l’arrestation de Me Nicolas Daniel Lenga et de Merdi Mazengo, alors qu’ils défilaient aux côtés de militants munis de simples pancartes. Aucun signe de violence ni port d’armes n’a été signalé sur place, selon plusieurs témoins.
Lire aussi
L’arrestation des deux figures d’ENVOL a rapidement suscité l’indignation au sein de l’opposition. Sur le réseau social X (anciennement Twitter), le secrétaire général du parti, Me Rodrigue Ramazani, a dénoncé une « dérive grave » du pouvoir en place. « Arrêter des citoyens pour avoir exercé leur droit de manifester pacifiquement, est-ce cela la RDC d’aujourd’hui ? », s’est-il interrogé, évoquant une détention « arbitraire » et réclamant leur libération immédiate.
À l’heure actuelle, aucune communication officielle n’a été faite par les autorités congolaises, laissant planer le flou sur le sort des deux hommes et alimentant les spéculations.
Cet incident s’inscrit dans un contexte politique déjà chargé. L’opposition accuse régulièrement le pouvoir d’un rétrécissement de l’espace démocratique, tandis que l’accord migratoire avec Washington continue de cristalliser les tensions. Au cœur des inquiétudes : des informations non confirmées faisant état d’une possible installation de migrants afghans sur le sol congolais.
Cette interpellation pourrait raviver les débats sur le respect des libertés fondamentales et la gestion du pluralisme politique en RDC. Une chose est sûre : à Kinshasa, la rue reste un baromètre sensible du climat politique, et chaque étincelle peut rallumer le feu des contestations.
La Rédaction





