De grâce, qu’on ne nous refasse pas le coup de Mobutu des années MPR PARTI-ÉTAT lorsque le maréchal prétendait que le Zaïre n’avait pas de problèmes politiques mais plutôt des problèmes économiques !
ON CONNAÎT LE MODUS OPERANDI
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RDC : Ni crise de légitimité, ni crise politique mais crise sécuritaire causée par l’agression rwandaise ». C’est le titre du message publié le 16 janvier dernier par Patrick Muyaya, ministre de la Communication et Médias, porte-parole du Gouvernement, dans son compte x.com pour « recadrer » le contexte relatif à la tenue du Dialogue national.Il a saisi l’occasion pour faire constater dans son message que « La machine de la propagande et de la désinformation ne changera nullement la réalité encore moins la vérité sur ceux qui, complices de l’agresseur, pensent pouvoir revenir par le dialogue politique. Le moment venu, c’est le Président de la République qui va convoquer ce dialogue suivant la feuille de route préparée par les confessions religieuses et qui devra être en cohérence avec les processus de Washington et de Doha_ ».Il faut le comprendre et l’excuser parce que le lundi 11 janvier 2026, les observateurs ont observé une sorte de désaveu de ses propos du 9 janvier lorsque, réagissant au deuxième séjour du Président Félix Tshisekedi la veille à Luanda, il a fait la déclaration selon laquelle « ll existe aujourd’hui une feuille de route conjointement préparée par la Présidence_RDC, l’Ecc-Cenco et les églises réveil représentées par l’évêque Ejiba Yamapia. Il y a une question de séquençage liée à l’aboutissement des processus de Doha et de Washington_ ».On connaît le modus operandi du système Udps. Au nom du principe de « Pyramide Renversée » (d’autres disent « Pyramide Inversée »), le désaveu vient généralement d’en bas (Base). Par exemple d’un Jules Monyere.
En réalité, c’est le signe que le Sommet n’apprécie pas la prestation. Or, les risques que prend Patrick Muyaya, aucun cadre de l’Udps n’est pour le moment capable de les assumer !
IL N’Y À RIEN DE NOUVEAU SOUS LES CIEUX
Il ne sert alors à rien de lui en tenir rigueur. Il est toutefois censé savoir qu’en gouvernance institutionnelle, toute crise est politique. Juste deux exemples simples : la crise de circulation dans la ville de Kinshasa (embouteillages monstres et pluies diluviennes) est une crise politique en ce qu’elle traduit la politique du Gouvernement en matière d’habitat, d’urbanisme et de voirie ; le cumul des arriérés de la rémunération des fonctionnaires est une crise politique en ce qu’elle traduit la politique du Gouvernement en matière de paie. Ces cas donnent des maux de tête aux autorités politiques. Certes, l’intention, sinon la volonté des gouvernants est de dissuader le souverain primaire d’assimiler la crise politique à la crise de légitimité. Là encore, c’est une erreur. Ce n’est pas parce qu’on a un mandat issu des urnes qu’on doit faire fi des critiques. Après tout, tous les prédécesseurs de Félix Tshisekedi depuis la création de l’Udps en 1982, en l’occurrence Joseph Kabila, Laurent-Désiré Kabila et Mobutu Sese Seko, étaient en plein mandat lorsque l’actuel parti présidentiel contestait leur façon de gouverner le pays. Pour être proche de l’actualité, les actions publiques que menait l’Opposition pilotée par l’Udps entre 2006 et 2011 ou entre 2011 et 2016, c’était en cours d’exercice du mandat constitutionnel du régime Pprd. Lorsque la même opposition réclamait le Dialogue national, c’était en plein mandat constitutionnel du régime sorti en 2018. Libre aujourd’hui pour le Pouvoir Udps d’adopter une « gouvernance » différente de celle que prônait l’Opposition Udps, dixit Toussaint Alonga dans une interview à Élysée Odia. Cependant, il n’y a rien de nouveau sous les cieux.
LA POLITIQUE DE L’AUTRUCHE
En effet, sous les cieux du même Congo-Zaïre, un certain Mobutu Sese Seko, la main sur le coeur, déclarait à qui voulait l’entendre que le pays n’avait pas de problèmes politiques. Il avait plutôt des problèmes économiques. Il répondait particulièrement à l’Udps qui soutenait le contraire depuis la Lettre des 13 Parlementaires du 1er novembre 1980. Le 24 avril 1990, dix ans après – tirant le bilan des consultations populaires menées un peu plus tôt – il prit la décision de dissoudre le MPR PARTI-ETAT sans d’ailleurs consulter les siens. Les consultations lui firent admettre qu’il y avait bel et bien une crise politique au pays. Prétexter aujourd’hui d’une crise sécuritaire due à l’agression rwandaise pour nier l’existence d’une crise politique revient à faire la politique de l’autruche. D’ailleurs, la crise sécuritaire est la pire des crises politiques en ce qu’elle affecte sérieusement la gouvernance institutionnelle. Juste trois exemples : -en 7 ans d’exercice de son mandat présidentiel (24 janvier 2019-24 janvier 2026), Félix Tshisekedi ne parvient toujours pas à convaincre de gros investisseurs occidentaux à s’installer au pays ; -depuis l’agression rwandaise, l’effort de guerre perturbe l’implantation des infrastructures sociales dans les domaines sensibles comme l’habitat, la santé, l’eau, l’électricité, le transport public, l’environnement etc. ;-à cause de l’agression, la gestion des Droits de l’homme affecte l’image des Pouvoirs publics. Au nom de la sécurité, il y a restriction des libertés fondamentales.
IL N’Y A RIEN DE PIRE QUE LA CRISE SÉCURITAIRE
Et, comme un malheur ne vient jamais seul, c’est le moment choisi par la Com’ du Pouvoir pour rediffuser la fameuse vidéo Kagame justifiant l’agression par la prétendue récupération des terres rwandaises que Berlin 1885, l’Allemagne et la Belgique auraient intégrées à l’ex-EIC ! Pourtant, il n’avait qu’à poser son problème aux puissances réunies par Bismarck à défaut d’une requête auprès de la Cour internationale de justice au lieu de faire la guerre au voisin innocent, héritier des frontières au traçage desquelles il n’a participé ni de près, ni de loin.
Paradoxalement, presque deux semaines après la sortie de ce « scoop », ni l’Exécutif national (Président de la République et Gouvernement), ni le Législatif (Assemblée nationale et Sénat) ne font ce qu’ils sont censés faire en pareilles circonstances : saisir les instances internationales. Curieusement, Ils adoptent le même silence assourdissant observé en avril 2023 lorsque Paul Kagame avait fait cette déclaration au Bénin. Entre-temps, crise sécuritaire oblige, les belligérants congolais restent dans la logique des affrontements pour une guerre dont les causes, on le sait désormais, n’ont aucun lien avec l’administration Tshisekedi, ni avec les administrations de ses prédécesseurs congolais. Pour l’instant, force est de le constater : il n’y a rien de pire que la crise sécuritaire, celle à la base de tous les dérapages en observation, tous domaines confondus. Juste un exemple : la désacralisation en cours des Autorités politiques, coutumières, religieuses et même scientifiques. Elle consacre la faillite de l’État !Si cela ne témoigne pas d’une crise politique, il ne reste alors qu’à réinventer la roue…
Omer Nsongo die Lema





