Ce 17 janvier, marque les 65 ans de l’assassinat de Patrice Emery Lumumba, figure majeure de l’indépendance de la RDC et premier chef de gouvernement du pays.
Au sein de la jeunesse congolaise, plus de six décennies après sa mort, Patrice Emery Lumumba continue d’inspirer et d’interroger. Que reste-t-il aujourd’hui de sa pensée auprès de ceux qui n’ont pas connu la colonisation, mais vivent d’autres formes de crises ? À Kinshasa, de plus en plus de jeunes s’approprient le combat de Patrice Lumumba, à travers des initiatives ponctuelles ou des organisations militantes.
Un modèle à suivre
La structure Planète des jeunes panafricanistes est une association active dans le Sahel, notamment au Burkina Faso, où elle soutient politiquement les dictatures militaires.
Cette organisation est engagée pour l’unité africaine et contre toute forme d’impérialisme. Ntumba Mundele en est le coordonnateur pour la RDC.
« Dans notre mouvement, nous réarmons la jeunesse congolaise dans le combat de Patrice Lumumba pour que nous puissions réécrire notre histoire » explique-t-il tout en rappelant que « Lumumba a connu une colonisation directe, mais aujourd’hui, il y a une colonisation moderne. Le combat a évolué. Aujourd’hui, il y a une forme de colonialisme modernisée, avec notamment des accords économiques déséquilibrés. C’est cette forme de colonisation que la jeunesse d’aujourd’hui doit comprendre. Le combat pour l’indépendance n’est pas du passé, il ne s’est pas limité au 30 juin 1960« .
Pour beaucoup, Patrice Lumumba reste un modèle. Un symbole de dignité, explique Emy Mayumbi, licenciée en droit.
« Lumumba représente plus qu’un héros figé dans l’histoire ou les discours officiels. Il représente toute une conscience, une voix qui a su s’élever pour dire non à l’arbitraire et dire stop à tout ce que nous vivions de marginalisant. Ce que je retiens de son combat, c’est la clarté de sa vision. Lumumba savait exactement pour qui il se battait, pourquoi il se battait et à quel prix » explique la jeune femme.
Ecoutez les précisions d’Emmanuel Kuzamba
Un combat pour l’unité, la liberté, la dignité et l’indépendance
Au sortir d’une bibliothèque de l’Université de Kinshasa, Samuel Mbwangu, âgé d’une vingtaine d’années, estime que les idées de Lumumba peuvent encore servir à construire l’unité nationale, malgré les conflits et les discours de division.
Selon lui » si on s’inspirait de son combat, de sa lutte, de tout ce qu’il a eu à donner, il n’y aurait pas de guerres, de conflits, de tensions, de tribalisme. C’est ça, d’ailleurs, la quintessence de son combat. C’est l’unité, le bien-être du Congo, de l’Afrique, la liberté, la dignité et l’indépendance« .
Continuer à être dépendant de l’aide extérieure serait, s’il était encore en vie, une grande déception pour Patrice Lumumba, selon Bénie N’siya, étudiante en droit.
« S’il arrivait à revenir, aujourd’hui, je pense que son plus grand regret serait, pas seulement pour la RDC, mais pour certains pays africains aussi, que nous soyons toujours tournés vers l’extérieur » assure Bénie.
Elle déplore le fait que les africains n’ont toujours pas réussi à « émerger comme on aurait dû le faire. Parfois, même pour de petits besoins qui devaient être traités par nos propres pays, nous sommes tournés vers l’extérieur. Je pense que ce serait ça, son regret ».
Patrice Lumumba semble donc être encore bien vivant dans la jeunesse congolaise. Le père de l’indépendance congolaise est présent dans leurs mots, dans leurs luttes et dans leurs rêves d’un pays meilleur.
Avec DW





