Il y a des victoires qui font du bien au moral.
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Et puis il y a celles qui mettent la politique à nu, sans discours, sans slogans, sans propagande.
La victoire des Équipe nationale de la RDC face au Botswana (3–0) appartient à cette deuxième catégorie.
Un match simple, maîtrisé, sans arrogance.
Un match qui dit beaucoup plus que le score.
Car ce succès révèle, par contraste, tout ce que la gouvernance congolaise refuse d’apprendre.
1. La compétence avant les appartenances
Dans cette équipe nationale, personne n’a été convoqué pour son nom, sa tribu, sa province ou ses relations.
Le terrain ne reconnaît qu’une seule chose : la performance.
Un joueur joue parce qu’il est bon.
Point.
Voilà une leçon brutale pour un pays où les nominations politiques obéissent souvent à des équilibres claniques, à des fidélités partisanes ou à des calculs de survie du pouvoir.
• Le football a compris ce que la politique congolaise refuse d’admettre :
l’incompétence coûte cher, même quand elle est loyale.
2. L’homme qu’il faut, à la place qu’il faut
Un entraîneur sérieux ne fait pas de poésie avec les postes.
Un gardien est gardien.
Un défenseur défend.
Un attaquant attaque.
Personne n’a jamais vu Cédric Bakambu aligné dans les cages pour satisfaire un équilibre régional.
En politique congolaise, en revanche, on confie des ministères techniques à des amateurs,
des secteurs stratégiques à des improvisateurs,
et on s’étonne ensuite de l’échec.
• Le football enseigne une vérité cruelle :
la complaisance est l’ennemie de la victoire.
3. La cohésion comme force suprême
Une équipe nationale est un assemblage d’individualités venues d’horizons différents, parfois concurrentes, parfois méfiantes.
Le génie du sélectionneur, ce n’est pas seulement la tactique :
c’est la capacité à créer une cohésion fonctionnelle.
Faire taire les égos.
Canaliser les différences.
Transformer la diversité en force.
Exactement ce que la classe politique congolaise n’a jamais réussi à faire durablement.
• Là où le football unit pour gagner,
la politique divise pour régner.
Lecture CLBB
Cette victoire des Léopards est un miroir.
Et ce miroir est impitoyable.
Il montre qu’un Congo qui choisit la compétence,
qui place les hommes selon leurs capacités réelles,
et qui cultive la cohésion nationale,
peut devenir redoutablement efficace.
Ce Congo-là n’est pas une utopie.
Il existe déjà…
sur un terrain de football.
Le drame, c’est que la politique congolaise regarde ce terrain chaque week-end,
sans jamais en tirer la moindre leçon.
Le jour où la RDC sera gouvernée comme son équipe nationale est sélectionnée,
alors oui, le Congo redeviendra le Congo
le pays du Léopard :
lucide, puissant, respecté.
Ce jour-là, nous ne supplierons plus.
Nous inspirerons.
— CLBB





