L’enterinement de l’Accord de Washington entre Félix-Antoine Tshisekedi et Paul Kagame marque, sur le papier, une avancée diplomatique majeure après des années de tensions meurtrières dans l’Est de la RDC. Mais au-delà de la symbolique, cet accord ravive un débat profond au sein de l’opinion congolaise : peut-on réellement bâtir la paix avec un voisin accusé d’agression persistante, alors que les réalités militaires et territoriales restent inchangées ? Pour le Front anti-dialogue, mouvement citoyen fort d’un million de signataires, la réponse est claire : la confiance est impossible tant que le Rwanda occupe des portions du territoire congolais. Ainsi, derrière le faste de Washington, c’est une fracture interne qui se révèle : entre ceux qui croient à la diplomatie et ceux qui, échaudés par l’histoire, prônent la vigilance et la fermeté.
Le Front anti-dialogue : “Aucun accord ne peut effacer la duplicité du Rwanda”
Réuni le vendredi 5 décembre à la Gombe, à Kinshasa, le Front anti-dialogue a livré une déclaration virulente sur l’entérinement de l’Accord de Washington, signé le 27 juin 2025 et officialisé le 4 décembre par les présidents Félix Tshisekedi de la RDC et Paul Kagame du Rwanda.
Devant la presse, le coordonnateur du mouvement, Dieudonné N’kishi, a rappelé le contexte : depuis plusieurs mois, le Front suit de près l’évolution de la crise sécuritaire et diplomatique entre la RDC et le Rwanda. Et malgré la reconnaissance formelle du Rwanda comme agresseur, le mouvement estime que “la persistance de l’occupation illégale de portions du territoire national” contredit l’esprit même de l’accord.
“La fin d’une confusion entretenue pendant des années”
Pour le Front anti-dialogue, l’un des acquis majeurs de l’Accord de Washington réside dans la reconnaissance explicite du Rwanda comme partie agresseur.
«L’entérinement de l’accord met fin à ces années de confusion entretenue par certains milieux politiques et diplomatiques, qui présentaient la crise dans l’Est de la RDC comme un simple conflit interne », a déclaré Dieudonné N’kishi.
Selon le mouvement, le traité confirme juridiquement et politiquement ce qu’il a toujours dénoncé :
« la crise dans l’Est n’est pas un problème interne congolais, mais le résultat d’une agression extérieure organisée, soutenue, financée et exécutée par le Rwanda ».
Soutien à la diplomatie congolaise mais défiance totale envers Kigali
Le Coordonnateur du Front anti-dialogue, Dieudonné N’kishi, a salué les efforts diplomatiques du président Félix Tshisekedi, qui ont permis d’obtenir une reconnaissance formelle du rôle du Rwanda dans le conflit.
Mais le mouvement prévient : « aucune cérémonie internationale, aucun sourire diplomatique ne saurait effacer les précédentes violations d’engagements par Kigali ».
« Aucun accord ne peut effacer la duplicité du Rwanda dans le non-respect de ses engagements. L’histoire commande la vigilance, la fermeté et la préparation permanente à la défense du territoire », a martelé le Front.
“Pas de dialogue interne pour résoudre une agression externe”
Le Front anti-dialogue rejette toute initiative politique interne censée répondre à ce qu’il qualifie d’“agression extérieure”.
Pour lui, la solution au conflit d’agression rwandaise ne peut être politique, mais bien militaire, diplomatique et sécuritaire.
Il appelle également au refus de toute confusion entre politique nationale et enjeux territoriaux :
« Les jeunes se lèvent partout dans le pays pour défendre leur droit de soutenir les FARDC. La souveraineté appartient au peuple, et aucune initiative politique ne doit le désarmer moralement. »
Un tournant diplomatique, mais pas la fin de la lutte
Pour le Front anti-dialogue, l’entérinement de l’Accord de Washington constitue certes une avancée diplomatique, mais ne marque ni la fin de l’agression, ni la fin de la mobilisation citoyenne pour la défense de la République.
Le mouvement conclut en appelant la population à rester vigilante, unie et mobilisée :
« Une étape importante est franchie, mais la lutte du peuple congolais continue. »
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