Paris a accueilli ce jeudi 30 octobre, la conférence de soutien à la paix et à la prospérité dans la région des Grands Lacs, tenue ce jeudi à Paris, a permis de mobiliser 1,5 milliard d’euros en faveur d’une région en proie à des crises humanitaires prolongées. L’événement, organisé sous l’égide de la France, a rassemblé des chefs d’État africains et internationaux, des organisations humanitaires et des acteurs du développement, soulignant la volonté de replacer la République démocratique du Congo (RDC) au cœur des préoccupations mondiales.

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La RDC : une tragédie prolongée
Le président Félix Antoine Tshisekedi, en visite à Paris, a rappelé l’ampleur de la crise dans l’Est du pays :
« Depuis plus de trente ans, l’Est de la RDC saigne d’une plaie qui n’a jamais été refermée. Ce n’est pas une crise passagère. C’est une tragédie prolongée, qui a déplacé des millions de femmes, d’hommes et d’enfants, détruit des vies, brisé des familles, affaibli le tissu social et compromis l’avenir de toute une génération. »
Le président a pointé du doigt le rôle du groupe armé AFC/M23, soutenu « sur les plans logistique, financier et opérationnel par le Rwanda », dénonçant une violation flagrante de la souveraineté nationale et appelant la communauté internationale à s’engager pour le retrait immédiat des forces étrangères et des groupes armés des zones occupées.

La France et la diplomatie humanitaire
Le président français Emmanuel Macron, hôte de la conférence, a exprimé son engagement à soutenir des actions concrètes :
« Une femme est violée toutes les quatre minutes et un enfant toutes les trente minutes. » Il a annoncé la réouverture prochaine de l’aéroport de Goma pour les vols humanitaires, complétée par des corridors humanitaires, tout en respectant la souveraineté de la RDC.
Emmanuel Macron a également évoqué Patrice Lumumba pour rappeler la dimension historique et symbolique de la crise :
« À mes enfants que je laisse, et que peut-être je ne reverrai plus, je veux qu’on dise que l’avenir du Congo est beau. »

Le rôle de l’Afrique dans la paix régionale
Le président togolais Faure Gnassingbé, médiateur de l’Union africaine pour les Grands Lacs, a insisté sur la nécessité d’une action politique et structurelle pour mettre fin aux souffrances de la population :
« Tant que les minerais sortiront illégalement, la souffrance continuera. La paix ne doit pas être une simple pause dans le combat. »
Il a appelé à transformer la compassion en solutions concrètes, soulignant que les engagements financiers et diplomatiques doivent être accompagnés d’une mise en œuvre effective sur le terrain.
Une mobilisation historique pour un conflit oublié
Avec 1,5 milliard d’euros mobilisés, la conférence de Paris marque un tournant pour la région des Grands Lacs, mais elle met aussi en lumière la complexité de la crise. Les enjeux dépassent le simple financement humanitaire : il s’agit de reconnaître la dimension politique de la crise, de garantir la souveraineté nationale et de créer les conditions d’une paix durable et respectueuse du droit international.

Comme l’a souligné le président Tshisekedi :
« Toute paix durable commence par la fin de l’occupation d’une partie du territoire congolais. Là-dessus, il ne peut y avoir ni double langage, ni compromis moral. »
Dans ce contexte, Paris se pose comme un centre de coordination et de pression diplomatique, tandis que la RDC et les autres pays de la région sont appelés à transformer les promesses et les engagements en actions tangibles pour les populations.
Glad NGANGA





