La bataille pour le perchoir de l’Assemblée nationale s’intensifie. L’Union sacrée de la Nation (USN) a enregistré douze candidatures pour la présidence de la chambre basse du Parlement, une première dans l’histoire récente de la coalition au pouvoir. L’annonce a été faite ce vendredi 24 octobre 2025 par le Secrétaire permanent de la plateforme, le Professeur André Mbata Mangu, à la clôture du dépôt officiel des dossiers.
Selon le communiqué rendu public, les douze dossiers ont été transmis à la Haute Autorité politique de l’USN pour examen et décision finale. Celle-ci devra départager les prétendants et désigner le candidat unique de la majorité parlementaire, conformément à l’article 27, alinéa 2, du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale.
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« Tous les candidats ont montré à la face du monde que l’Union sacrée de la Nation est une plateforme démocratique et bien structurée, contrairement à l’ancienne plateforme dirigeante de triste mémoire », a déclaré André Mbata, saluant la discipline et la maturité politique des postulants.
Une compétition inédite au sein de la majorité
Cette pluralité de candidatures reflète à la fois la vitalité démocratique au sein de la majorité présidentielle et la diversité politique et provinciale des élus. Les douze candidats enregistrés sont :
- Aimé Boji Sangara (UNC, Walungu – Sud-Kivu)
- Doudou Dunia Mangu Mangu (UDPS/Tshisekedi, Lukunga – Kinshasa)
- Jean-Marie Kalumba Yuma (AAAP, Pangi – Maniema)
- Didier Kamundu Batundi (ECN/AAAP, Masisi – Nord-Kivu)
- Patrick Matata Makalamba (UDPS/Tshisekedi, Kisangani – Tshopo)
- Jean-Baudouin Mayo Mambeke (AA/UNC, Mont-Amba – Kinshasa)
- Crispin Mbindule Mitono (UDPS/Tshisekedi, Butembo – Nord-Kivu)
- Willy Mishiki Buhini (PEP-AAAP, Walikale – Nord-Kivu)
- Christophe Mboso N’kodia Pwanga (CRD/AACRD, Kenge – Kwango)
- Simon Mulamba Mputu (CODEP/A3A, Tshikapa – Kasaï)
- Mwanza Hamissi Singoma (Debout la Patrie/AAAP, Nyiragongo – Nord-Kivu)
- Saïdi Balikwisha Emil (AAD-A/AB, Beni – Nord-Kivu).
Les réactions des candidats

Pour Aimé Boji Sangara, ancien ministre d’Etat à l’industrie et au Budget, cette élection est avant tout une question de compétence et d’expérience :
« Mon parcours au sein du gouvernement et du Parlement me place dans de très bonnes dispositions pour diriger cette institution avec rigueur et responsabilité », a-t-il confié.

Jean-Baudouin Mayo, également candidat, s’est dit prêt à se conformer au choix final de la Haute Autorité politique :
« Je respecterai la décision de l’Union sacrée, car notre objectif commun reste la stabilité de la majorité et le service de la Nation. »

De son côté, Crispin Mbindule Mitono, connu pour son franc-parler et son rôle dans la pétition contre Vital Kamerhe, a affiché une ambition claire :
« L’Assemblée nationale doit redevenir la voix du peuple, pas une simple caisse de résonance. Je veux incarner une institution forte, ouverte et exigeante. »

Quant à Christophe Mboso N’kodia Pwanga, actuel deuxième vice-président de l’Assemblée nationale, il mise sur son expérience et sa vision :
« Il s’agit de la détermination d’un homme d’État expérimenté, prêt à diriger l’Assemblée pour promouvoir le développement et la prospérité du pays », a déclaré son collaborateur Blanchard Dikambi Tshangu.
Une décision politique très attendue
Le dépôt des candidatures marque une étape décisive dans la recomposition du leadership parlementaire. Le président Félix Tshisekedi, en sa qualité d’arbitre naturel de la coalition, devra valider le choix final de l’USN.
Dans un contexte de fortes attentes sociales et politiques, cette désignation représente un test majeur de cohésion et de maturité politique pour la majorité présidentielle.
Le verdict de la Haute Autorité politique de l’Union sacrée, attendu dans les prochains jours, devrait sceller le nom de celui ou de celle qui succédera à Vital Kamerhe au perchoir de l’Assemblée nationale et incarnera la nouvelle dynamique parlementaire de la République démocratique du Congo.
Glad NGANGA





