De ce que la Tshopo a héritée de l’ancienne province orientale, beaucoup s’interrogent : pourquoi restons-nous bloqués et pourquoi le décollage tant espéré n’a-t-il jamais lieu ?
C’est la question que pose Futur Mengandelo dans un reportage qui prend la forme d’un constat amer et d’un appel à la conscience collective.
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Géographique stratégique…
mais inutile ?
Géographiquement, la Tshopo occupe une position centrale et stratégique : carrefours routiers (RN), aéroport international, port fluvial. La province alimente des provinces voisines – Maniema, Ituri, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Mongala, Haut-Uélé, Bas-Uélé — et jusque Kinshasa. Malgré cela, « nous restons enclavés », note l’auteur. La richesse de notre sol et de nos eaux (minerais, bois, poissons) semble paradoxalement profiter davantage aux autres qu’à nous-mêmes.
Futur Mengandelo questionne les causes profondes: le problème viendrait-il de la population ? De la culture locale ? Des animateurs politiques et sociaux ? Ou s’agit-il simplement d’une passivité collective, d’une procession sans direction claire ? Autant d’hypothèses qui révèlent une frustration partagée.
Jeunes au pouvoir : une illusion ?
L’auteur confie avoir longtemps cru que la relève jeune permettrait un véritable changement. Mais l’expérience récente l’a désillusionné : « certains jeunes, une fois au pouvoir, s’enrichissent scandaleusement, comme voire plus que les anciens dirigeants ou hommes forts politiques qui ont existés». Cette critique vise une dérive où le renouvellement générationnel n’implique pas forcément un meilleur service à la
communauté.
Héros d’hier et
responsabilités d’aujourd’hui
En citant des noms forts de la région Theo
Baruti, Médard Autsai, Moliso Nendolo, Lola Kisangani, gaston Musemena, prof Bilusa …, l’auteur suggère que si ces figures avaient eu les mêmes appétits que certains acteurs actuels, la province orientale aurait été pillée sans vergogne. La remarque est un rappel : conscience et patriotisme comptent autant que compétence.
Déclaration forte
« Nous n’allons pas nous délivrer la Tshopo, mais nous allons délivrer ceux qui se servent d’elle », déclare Futur Mengandelo. Cette phrase résume la tonalité du texte : il ne s’agit pas seulement de réclamer la province, mais de dénoncer l’exploitation et d’exiger redevabilité et protection des biens communs.
Pistes et recommandations (pour débat public):
• Renforcer la vigilance citoyenne et les mécanismes de contrôle local (transparence des contrats, auditions publiques).
• Former et encadrer la jeunesse politique pour éviter les dérives clientélistes.
• Valoriser et protéger les ressources locales par des politiques publiques adaptées (gestion durable du bois, traçabilité des minerais, soutien à la pêche locale).
• Mettre en place des plateformes de dialogue entre citoyens, autorités et acteurs économiques pour définir une stratégie de développement ancrée localement.
Conclusion
Le constat de Futur Mengandelo est clair et radical: la Tshopo souffre d’un blocage multiple : géographique, politique, culturel … aggravé par des comportements prédateurs.
Le défi n’est pas simplement de changer de génération à la tête des institutions, mais de transformer les pratiques de gouvernance et de rendre le pouvoir au service du bien commun.





