L’histoire semble se répéter pour Vital Kamerhe. Seize ans après avoir quitté le perchoir de l’Assemblée nationale en 2009, le président de la Chambre basse est de nouveau fragilisé par une fronde parlementaire. Ce lundi 15 septembre lors de la rentrée parlementaire, les députés pétitionnaires réclament la destitution de plusieurs membres du bureau, dont le président de la Chambre basse, Vital Kamerhe.
Selon Samuel Yumba, porte-parole des pétitionnaires, les documents ont été remis au cabinet du premier vice-président. La pétition visant Kamerhe a recueilli 262 signatures, un chiffre largement supérieur au seuil requis par le règlement intérieur.
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Les élus reprochent au bureau une mauvaise gestion de l’institution, le blocage du contrôle parlementaire, un manque de transparence, ainsi que dix mois d’arriérés dans le paiement de leurs frais de fonctionnement et de leur couverture médicale. Ils exigent l’application de l’article 31 du règlement intérieur, qui stipule que la plénière doit être dirigée par un membre non concerné par la procédure, et demandent sa convocation dans un délai de 72 heures.

Le spectre de 2009
En 2009 déjà, Vital Kamerhe avait été poussé à la démission de la présidence de l’Assemblée nationale après un bras de fer politique. Aujourd’hui, la menace d’une nouvelle éviction plane, renforçant l’idée que son poste au perchoir reste l’un des plus instables de sa carrière politique.
Kamerhe tente d’apaiser la tempête
Face à cette fronde, Vital Kamerhe a reconnu le droit légitime des députés à exercer leur pouvoir de contrôle. Dans son discours d’ouverture de la session de septembre, il a appelé ses collègues à la retenue et à la cohésion nationale.
« Il s’agit d’un exercice parlementaire légitime qui témoigne de la vitalité de notre démocratie. Mais cette initiative mérite d’être reconsidérée à la lumière des avancées enregistrées dans la prise en charge des préoccupations soulevées, et du contexte particulier que traverse notre pays », a déclaré le président de l’Assemblée.
Dans un geste d’apaisement, il a présenté ses excuses aux députés qui se seraient sentis offensés par ses propos ou sa gestion :
« Qu’ils daignent bien accepter l’expression de mes regrets les plus sincères et j’implore leur pardon. »
Un bureau fragilisé
D’après les initiateurs, cinq des sept membres du bureau sont visés par les pétitions. Seuls le premier vice-président, Isaac Jean-Claude Tshilumbayi, et le deuxième vice-président, Christophe Mboso, échappent à cette offensive parlementaire.
Cette situation place Vital Kamerhe face à l’un des plus grands défis de sa carrière politique. Si la plénière confirme la recevabilité des pétitions, la Chambre basse pourrait basculer dans une recomposition interne aux conséquences politiques majeures.
Glad NGANGA





