Après trois années d’un procès marqué par des reports, des tensions et des révélations parfois insolites, la Haute cour militaire de Kinshasa a mis fin, ce jeudi, à l’affaire François Beya Kasonga. L’ancien conseiller spécial du chef de l’État en matière de sécurité, poursuivi pour des propos jugés offensants à l’égard du Président de la République, a été acquitté avec deux de ses co-accusés.
Trois ans de détention et d’exil
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Tout avait commencé par une accusation surprenante : François Beya aurait, dans un cercle privé, déclaré que le chef de l’État était « joufflu » et qu’il « ne pensait qu’au fufu». Ces propos, qualifiés de subversifs par les services de sécurité, avaient conduit à son arrestation musclée.
Le sécuritaire chevronné avait d’abord été détenu dans les locaux de l’Agence nationale de renseignements (ANR), avant d’être transféré à la prison centrale de Makala. Il n’a finalement obtenu l’autorisation de quitter le pays qu’à la suite d’une forte pression diplomatique occidentale, pour se faire soigner à l’étranger.
Le verdict : acquittement et peines légères
La Haute cour militaire a donc décidé, ce jeudi, d’acquitter François Beya et deux de ses co-accusés. Deux autres prévenus ont été condamnés à 17 mois de prison pour « violation des consignes », une peine déjà purgée. Ce verdict met officiellement fin à un feuilleton judiciaire qui aura tenu en haleine l’opinion publique congolaise.
Quelle portée pour l’avenir ?
L’acquittement de François Beya soulève des interrogations politiques et sécuritaires. L’ancien conseiller, longtemps considéré comme l’un des piliers du dispositif sécuritaire congolais, pourrait-il faire son retour sur la scène nationale ? Rien n’est moins sûr, mais dans un contexte où l’appareil sécuritaire est jugé fragilisé et divisé, son nom reste associé à une certaine idée de rigueur et de stratégie.
La décision de la Haute cour militaire marque la fin d’une longue épreuve pour François Beya, figure controversée mais incontournable de la sécurité nationale.
NGK





