La saga judiciaire autour de la gestion des fonds FRIVAO se poursuit. Cette fois-ci, le Procureur général près la Cour de cassation a officiellement lancé des convocations à l’endroit de toutes les personnes physiques et morales ayant perçu des montants dans le cadre du Fonds de Réparation et d’Indemnisation des Victimes des Atrocités de l’Est (FRIVAO).
L’objectif étant de faire toute la lumière sur des soupçons de détournement massif, de surfacturation et de favoritisme ayant entaché l’utilisation de ces fonds publics destinés aux victimes des conflits armés.
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Au cœur de ce scandale à plusieurs millions de dollars, il y a Chançard Bolukola, ancien coordonnateur intérimaire du FRIVAO, accusé d’avoir mis en place un vaste réseau de distribution opaque profitant davantage à des proches qu’aux véritables victimes. Selon des documents en possession de la justice, plusieurs bénéficiaires auraient touché de fortes sommes sans justificatifs plausibles :
• Frédéric Apaka : 600.000 USD pour des « projets » sans trace de structure partenaire.
• Mokita Mondona James : 650.000 USD, officiellement liés à la résidence Arcadia du défunt Mokeni Ekopikane.
• Raphaël Lukusa : 2.500.000 USD pour la réhabilitation de l’hôtel Wagenya.
• Centre Bartimée : 500.000 USD
• Jonathan Bongilo : 570.000 USD, supposément pour l’UNIKIS, sans aval du gestionnaire budgétaire.
• Me Akala : 270.764 USD, au nom de l’église BIMA.
• Jacques Yaetema : 750.000 USD pour une indemnisation collective non clairement identifiée.
Ces chiffres donnent le vertige, surtout lorsque l’on constate que certaines véritables victimes n’auraient touché que 2.000 USD à peine. Dans l’opinion, l’indignation grandit tandis que la Justice affiche sa détermination à sanctionner les responsables et à récupérer les fonds détournés.
L’audition prochaine des bénéficiaires devant la Cour de cassation est donc suivie de près.

Répliques internes, le FRIVAO passe à la loupe tous les agents nommés sous Bolukola
Parallèlement à l’action de la justice, la nouvelle Direction générale du FRIVAO conduite par Monseigneur Mwarabu a engagé un vaste audit interne. Dans un communiqué officiel (n°001/Coord/Frivao/2025), elle exige de tous les agents nommés sous la coordination de Chançard Bolukola le dépôt immédiat de leurs dossiers administratifs complets.
Cette démarche vise à :
• vérifier l’effectivité des postes occupés ;
• s’assurer de la réalité des missions confiées ;
• assainir le personnel après une période jugée opaque et polémique.
Tous les agents concernés sont ainsi sommés de se présenter au siège du FRIVAO avec leurs documents. Un signal fort d’instauration de la transparence administrative au sein d’un fonds plus que jamais sous les feux des projecteurs.
Glad NGANGA





