Alors que les efforts diplomatiques menés par le Qatar tournaient au ralenti depuis un mois, un premier projet d’accord dit « de Doha » vient de relancer les discussions entre Kinshasa et le mouvement rebelle AFC/M23. Transmis simultanément à la présidence congolaise et à la rébellion AFC/M23, ce document devait ouvrir une nouvelle phase du processus de paix lancé après la signature, en juillet dernier, d’une déclaration de principes.
Kinshasa n’est pas convaincu
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En visite officielle à Kinshasa, le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a affirmé ce mardi 19 août 2025 que le président Félix Tshisekedi considère ce projet de texte comme « insatisfaisant ».
« Manifestement, le président Tshisekedi m’a confirmé que le texte qui avait été proposé n’est pas satisfaisant… Une nouvelle phase de discussions va s’ouvrir dans les heures et jours à Doha. J’espère que tous les signaux pourront s’aligner pour obtenir un résultat le plus rapidement possible », a confié Maxime Prévot à la presse.
La Belgique, a-t-il ajouté, souhaite rester « vigile » sur le respect du droit international et appelle toutes les parties à « œuvrer pour une paix durable ».
Ce que prévoit le projet d’accord rejeté par Kinshasa
Le calendrier transmis par le médiateur qatari se veut ambitieux :
• Jour 0 : signature de l’accord
• +30 jours : 1ʳᵉ réunion du Mécanisme multilatéral de suivi
• +60 jours : fin de la Phase I (urgence humanitaire & restauration de l’ordre)
• +120 jours : fin de la Phase II (gouvernance intérimaire & sécurité)
• +180 jours : fin de la Phase III (relance politique, sociale & économique)
Les dispositions clés
• Création d’une Force spéciale intérimaire (mandat de 5 ans)
• Mise en place d’une administration intérimaire dans les zones M23
• Retour des réfugiés avec implication du Format tripartite RDC–Rwanda–Ouganda
• Dialogue national en 2026
• Élections locales “libres, justes et transparentes” en 2027
• Adoption d’un Plan de redressement économique
• Mise en place d’un Mécanisme Vérité & Réconciliation
Prochain round décisif à Doha
Le rejet partiel du texte par Kinshasa laisse augurer de nouvelles discussions tendues à Doha, où le Qatar doit désormais revoir sa copie pour tenter de rapprocher les positions. Au cœur des crispations, l’épineuse question de la gouvernance intérimaire et du rôle sécuritaire dévolu à la Force spéciale, perçus côté congolais comme trop favorables aux exigences du M23.
Le pari qatari d’un accord rapide avant fin 2025 s’annonce semé d’embûches.
Wait and see…
Glad NGANGA





