Le procès de Constant Mutamba, ancien ministre de la Justice, entre dans une phase décisive. Ce mercredi 6 août, l’audience a été marquée par une série d’auditions-clés, avant que la Cour de cassation ne déclare être « suffisamment éclairée », balayant les dernières requêtes de La défense, dont celle visant à faire comparaître la Première ministre Judith Suminwa.
Des témoins absents mais des convictions forgées
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L’audience s’est ouverte avec la lecture des lettres d’excuses envoyées par plusieurs témoins cités, notamment le DG de l’ARSP, le ministre des Sports, la Rawbank, et Zion Construction, qui ont tous fait valoir leur indisponibilité pour raisons de santé, de mission, ou de maternité.
Mais pour la Cour, cela ne change rien. Le juge président Jacques Kabasele Nzembele a estimé que les témoignages déjà recueillis suffisaient à établir une vision claire du dossier.
« La Cour s’estime suffisamment éclairée […] elle passera outre l’audition de ces témoins », a-t-il tranché.

Suminwa ne viendra pas, la CENAREF non plus
Nouvelle passe d’armes entre la défense et la Cour : les avocats de Constant Mutamba ont réitéré leur demande d’auditionner le secrétaire exécutif de la CENAREF, Adler Kisula, pour éclairer certains aspects techniques du dossier. Refus net de la Cour, invoquant le caractère stratégique de cette institution et l’inviolabilité de ses agents dans les affaires qu’ils instruisent.
Même fermeté concernant la Première ministre Judith Suminwa.
« Pour des raisons d’État, elle ne comparaîtra pas », ont déclaré les juges, malgré l’insistance de la défense qui exigeait son témoignage pour « faire éclater la vérité ».
Des tensions judiciaires persistantes
L’audience a aussi été marquée par la récusation de deux juges, initiée par le prévenu pour cause d’inimitié présumée et de manquements au droit à un procès équitable. Les magistrats visés se sont retirés, et deux nouveaux ont intégré la composition. Un geste rare qui témoigne des tensions persistantes autour de ce procès hautement politisé.

Des auditions à charge et à décharge
Plusieurs personnalités ont été entendues à la barre, parmi lesquelles :
- Rose Mutombo, ancienne ministre de la Justice,
- Le professeur Amisi Herady, DG du Guichet unique, qui a certifié l’existence de l’entreprise Zion Construction
- Et Marie-Paule Mukadi, qui aurait, selon le ministère public, reçu des pressions et menaces de la part de Mutamba.
Des accusations que l’ex-ministre a vigoureusement niées, soutenu par ses avocats.
Le chef de division de la Justice dans la Tshopo, Bolema Kombozi, a quant à lui confirmé avoir été informé du projet de construction d’une prison à Kisangani un élément présenté comme preuve de bonne foi par la défense.

Vers une audience décisive le 13 août
Face à l’intensité du débat et à la complexité du dossier, la Cour a accédé à la demande de la défense de reporter la prochaine audience au mercredi 13 août une séance qui s’annonce décisive.
« Elle portera sur les contradictoires, les plaidoiries et peut-être même le réquisitoire », a confié un membre du ministère public.
Une bataille judiciaire sous haute tension
Dans une salle tendue, entre partisans et observateurs, la division est palpable.
« Ce procès est politique », martèle un avocat de la défense. « Le détournement est clair », rétorque le procureur.
Entre justice et jeu de pouvoir, l’affaire Mutamba reste l’un des feuilletons judiciaires les plus scrutés du pays. Les Congolais attendent. La justice promet, elle, de juger « sans céder à la pression ».
Glad NGANGA





