Le procès très médiatisé de Constant Mutamba, ancien ministre d’État à la Justice, a connu ce lundi un nouveau rebondissement à la Cour de cassation. Poursuivi pour tentative de détournement de 19 millions de dollars destinés à la construction d’un centre pénitentiaire à Kisangani, l’ex-membre du gouvernement fait face à un engrenage judiciaire sous haute tension.
L’ambiance dans la salle d’audience était lourde, électrique. Et pour cause : l’absence retentissante d’Adler Kisula, directeur de la CENAREF, a jeté un froid. Considéré comme une pièce maîtresse dans cette affaire, le patron de la Cellule nationale des renseignements financiers n’a pas daigné se présenter à l’audience, malgré son rôle central dans les révélations ayant déclenché l’enquête.
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Les avocats de la défense sont montés au créneau. Dénonçant une stratégie d’obstruction, ils ont qualifié cette absence de “manœuvre pour bloquer un témoignage capital”. L’indignation s’est accrue lorsqu’il a été révélé que huit autres témoins sur les dix convoqués n’étaient pas présents, dont un nom particulièrement attendu : la Première ministre Judith Suminwa. Selon la défense, aucune convocation officielle ne lui aurait été adressée par la Cour.
« La vérité ne peut jaillir que dans un procès équitable. Ce que nous vivons ici frôle le dysfonctionnement institutionnel », a déclaré Me Bilonda, avocat principal de Mutamba, visiblement excédé.
Dans l’opinion publique comme chez les observateurs internationaux, le procès suscite une forte attente, tant pour ses implications politiques que pour l’image de la justice congolaise. La transparence du système judiciaire est en ligne de mire, alors que la RDC multiplie les engagements contre la corruption.
La prochaine audience, fixée au mercredi 6 août, promet d’être décisive : les juges entendent procéder à l’audition de tous les témoins, y compris la Première ministre Suminwa, dont la présence ou l’absence risque de faire basculer le procès dans une tout autre dimension.
NGK





