Accusé de détournement de fonds publics, Constant Mutamba, ex-ministre de la Justice, a livré une déclaration choc ce mercredi devant la Cour de cassation. Calme, déterminé, il dénonce un procès politique motivé par des intérêts occultes.
Dans une salle d’audience tendue, l’ancien ministre d’État à la Justice, Constant Mutamba, est entrain de livrer un plaidoyer aussi percutant que dérangeant. Accusé de détournement de 19 millions de dollars, il choisit de parler, d’assumer, mais surtout de dénoncer.
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« Je suis venu payer le prix d’une lutte, et je suis prêt à aller jusqu’au bout », a-t-il lancé devant les juges, le regard droit, la voix posée.
Dès les premières minutes, le ton est donné. Ce n’est pas un homme acculé qui se présente devant la haute juridiction, mais un homme debout, qui se dit victime d’un système qu’il qualifie sans détour de mafia. Il accuse : « On voulait la tête d’un ministre de la Justice qui dérangeait les intérêts de la mafia. »
“Pas un cours de mathématiques”
Ironique mais ferme, Mutamba insiste : ce procès ne sera pas une démonstration académique. Il exige du temps, de l’écoute, et refuse toute forme de précipitation.
« Ce n’est pas des mathématiques. Laissez-moi répondre froidement aux faits. »
« Lorsque le chef de l’État ou la hiérarchie vous instruit, ça vaut de l’or », a glissé Mutamba, suggérant des zones d’ombre dans la chaîne de commandement et des responsabilités partagées.
Et les faits, il les déroule. Il soutient que les 19 millions de dollars évoqués sont bel et bien à la banque, réfutant ainsi les accusations portées contre lui. Il va plus loin en affirmant qu’avant son passage à la tête du ministère, une somme de 17 millions USD aurait disparu sans laisser de traces sur le compte de l’entreprise Frivao. Une révélation qui, si elle est confirmée, pourrait rebattre les cartes du dossier.
Un procès sous haute tension
Dans les coulisses, la tension est palpable. Les avocats de l’ex-ministre avaient précédemment sollicité un renvoi pour mieux préparer leur défense. Un acte que certains considèrent comme une tactique dilatoire, tandis que d’autres y voient une démarche de rigueur.
Pendant ce temps, la NOGEC, parti politique fondé par Mutamba, dénonce une cabale politique. Selon eux, le procès n’est qu’un habillage judiciaire d’un règlement de comptes orchestré au sommet de l’État.

Justice ou règlement de comptes ?
Ce procès, au-delà de la personne de Constant Mutamba, soulève des questions profondes sur la transparence, l’indépendance de la justice et les combats internes qui minent la République. L’audience de ce mercredi est toujours en cours à la cour de cassation et n’a pas fini de faire couler de l’encre. Car au-delà de l’homme jugé, c’est toute une conception de l’exercice du pouvoir qui est convoquée à la barre.
La Rédaction





