Sports et loisirs préférés des chefs d’états africains

Dans leur jeunesse,.plusieurs futurs chefs d’Etat à quelques exceptions près ont eu un hobby. Certains pratiquent le sport dans toute sa diversité, d’autres la  musique. Même devenus présidents, beaucoup ont continué à pratiquer leur passion au grand jour. Les sportifs dament le pion à leurs collègues artistes. On trouve des  footballeurs, des cyclistes, des boxeurs, des nageurs, des rugbymen. Il y a aussi des cavaliers (Sassou, Idris Deby). Les présidents artistes- musiciens sont presque tous guitaristes

  1. I. LES FOOTBALLEURS

Poste : Gardien des buts.

La maréchal du Zaïre a beaucoup aimé le sport plus particulièrement le football. Certains affirment qu’il a été gardien des buts dans sa jeunesse. Mobutu a jeté son dévolu sur le sport roi en faisant des Léopards le meilleur onze national d’Afrique. Mais on n’oublie aussi parfois que l’homme du 24 novembre aime aussi nager pour son maintien physique. Au camp Kokolo où il habite, le général se fait construire une piscine. A quelques jours de son coup d’Etat, il s’y laisse filmer par la télévision belge. Devenu président, il passe ses temps perdus en jouant au jeu des dames avec ses amis ou ses collaborateurs. Dans les années 80, il met en circulation le trophée Mobutu Sese Seko pour récompenser le meilleur sportif africain.

  1. 2. Marien Ngouabi (Congo-Brazzaville)

Poste : Attaquant

Tout jeune Ngouabi apprend à dompter l’eau. Du village d’Ombélé où il habiite, il doit traverser à la nage la puissante rivière Koyo pour se rendre à son école primaire à Owando. Son biographe rapporte même qu’il a sauvé la vie d’un enfant qui s’y noyait. Le commandant congolais aime faire le jogging matinal sans garde du corps. Certains Brazzavillois le voient courir comme monsieur tout le monde dans les rues de la capitale. Derrière cet athlète, se cache aussi un footballeur de talent. Amateur du ballon rond, il n’assiste pas seulement aux rencontres livrées par l’équipe nationale congolaise, parfois il est lui-même sur le terrain comme acteur.

  1. 3. Menguistu Haïle Mariam (Ethiopie)

Le Négus Rouge qui a dirigé l’Ethiopie d’une main de fer de 1977 à 1991 a pratiqué le football dans sa jeunesse. En témoigne la photo ci-dessous trouvée dans certains sites de l’ancienne Abyssinie. Pendant combien de temps a-t-il joué au foot, à quel poste? Il est difficile de répondre à toutes ces questions d’autant plus que son passé de footballeur ne se trouve nulle part.

  1. 4George Weah (Libéria)

Poste : Attaquant

Surnom : King George

Elevé dans un bindoville de Monrovia par sa grand-mère, George découvre le football très jeune. Il joue dans de petites équipes avant de faire à 19 ans son entrée dans l’élite du championnat de son pays, Il va ensuite évoluer au Tonnerre de Yaoundé avant de tenter l’aventure du professionalisme en Europe. Sacré meilleur footballeur européen de l’année en 1995, Weah gravit la plus haute marche du podium avec son ballon d’or. Selon Wikipédia, il a joué 626 matches et a marqué quelque 280 buts

  1. 5. Ahmed Ben Bella (Algérie)

Poste : Milieu de terrain

Surnom : Buffalo Kabyle,

Ben Bella commence la pratique du football dans sa ville natale de Maghnia près de la frontière marocaine. En 1939, il joue à Château Gombert. La guerre lui offre une belle opportunité. Le championnat français est maintenu mais les joueurs sont mobilisés et les équipes souffrent d’une grande pénurie de footballeurs. Le jeune Ben Bella est alors recruté par l’Olympique de Marseille pour la saison 1939-1940. Il joue son unique match sous les couleurs de l’OM le 21 avril 1940 contre Antibes. L’équipe gagne par un cinglant 9 à 1. Le futur président marque un but. On le voit ensuite dans l’équipe de France militaire. Ironie du sort, deux jours seulement après avoir assisté à la rencontre Brésil-Algérie à Oran le 17 juin 1965, il est renversé par le coup d’Etat militaire mené par le colonel Houari Boumediene.

  1. 6Thomas Sankara (Burkina Faso)

L’homme a plusieurs casquettes malgré ses occupations à la présidence. Il n’est pas rare de le voir mouiller son T-shirt dans une partie de football ordinaire avec ses collaborateurs dans la cours de la présidence. S’il ne pratique pas le football directement, il est parfois sur le terrain habillé en noir. Le président-arbitre ne tranche pas seulement des palabres politiques mais dirige aussi des rencontres de football. Animé par l’esprit mena sana in copore sano, l’homme a initié le sport  des masses dans son pays. Une première en Afrique.

  1. 7. Pierre Nkurunziza (Burundi)

Poste : Attaquant de pointe.

Le dictateur aime le ballon rond dont il est friand. Il est pour lui une religion et y consacre la moitié de son temps. Il crée une équipe au nom évocateur : Haleluya FC. Contrairement à ses collègues Ngouabi ou Sankara qui en jouant sont en contact direct avec l’adversaire en se disputant le ballon, le président burundais édicte des strictes règles sur mesures qu’il convient d’appliquer à la lettre : Être au moins à 3 mètres de lui lorsqu’il contrôle le ballon, le laisser marquer au moins un but ou lui permettre d’être à l’origine d’une action décisive. Sur le terrain les consignes sont claires. Si son Excellence ne marque pas avant le coup de sifflet final, la rencontre risque de continuer jusqu’au lendemain. Le 3 février 2018,  le   Haleluya FC rencontre  le club de Kiremba  qui a recruté deux réfugiés congolais. Ceux-ci ignorant les directives taclent le président à plusieurs reprises et le font même tomber. Résultat après le match, l’administrateur de la commune où s’est joué la rencontre ainsi que son adjoint sont écroués pour avoir laissé faire. En 2005, le chef de l’État fonde Le Messager FC, une  académie dont le but est de détecter puis de former des jeunes talents du football, de basket, de volley et d’athlétisme dans tout le pays.

II. LES BOXEURS

1. Nelson Mandela (Afrique du Sud)

Catégorie : Poids léger

C’est au début des années 40 que Mandela commence la boxe. Il est étudiant à l’université de Fort Hare, la seule qui accepte les Noirs. Jusque dans les années 50, alors qu’il travaille et s’est engagé politiquement dans la lutte contre l’apartheid, il s’entraîne intensivement pendant une bonne dizaine d’années. Malheureusement, il ne combat pas en compétition. De niveaui modeste, il affirme lui-même dans son auto-biographie qu’il n’a jamais été un boxeur exceptionnel.

2. Idi Amin Dada (Ouganda)

Catégorie : Poids lourd

C’est dans l’armée que Idi Amin pratique le noble art dans l’Army Boxing Club. Grand, fort, athlétique, ce colosse de 1,93 m pour un poids d’un peu plus de cent kilos fait des ravages sur son passage, Sur le ring, il n’a pas de pitié. En 1951, Amin est champion. Il conserve ce titre jusqu’en 1960. Si certaines sources affirment qu’il est resté invaincu tout au long de sa carrière de boxeur d’autres par contre mentionnent qu’en 1958, Peter Seruwagi l’a battu par KO lors des essais nationaux  de Nakawa.  En 1974 alors qu’il est président, Amin décide d’ouvrir les championnats panafricains de boxe amateur en défiant lors d’un combat improvisé l’entraîneur de l’équipe nationale ougandaise, un certain …. Peter Seruwagi, celui l’a même qui l’a terrassé il y a 16 ans. Le despote a-t-il voulu laver l’affront du passé en profitant de sa position de force ? Le lendemain, les Ougandais apprennent dans la presse, sous le titre évocateur de « Boxeur de l’année », que l’arbitre a dû arrêter le combat après deux rounds pour épargner à Seruwagi une punition plus sévère. Outre la boxe, Amin   en vrai sportsman a aussi été un amateur de  la natation et du ballon ovale dont il est le seul Noir de l’équipe de rugby Club du Nil.

  1. III.  LES CYCLISTES

 Thomas Sankara (Burkina Faso)

Ce grand amateur de la petite reine crée le Tour du Faso en 1987 par sa seule volonté. Organisé par la Fédération burkinabè de cyclisme (FBC), il est aujourd’hui devenu l’une des épreuves cyclistes phares du continent africain. Le jour où la Haute-Volta devient Le Burkina Faso, Sankara prend part avec ses ministres à la course cycliste organisée pour la circonstance et qu’il aurait remportée.

  1. IV. LES MUSICIENS

1. Thomas Sankara (Burkina Faso)

Instrument : Guitare solo

Outre son amour pour le cyclisme, le président du Faso aime gratter sur les cordes d’une guitare. Amoureux de la musique dès sa jeunesse, le soliste épouse Mariama Sérémé qui aussi joue de la guitare. Sankara aurait appris cet instrument à l’âge de 15 ans. Dans les années 70, il fait partie du groupe Tout-à-Coup Jazz. Cet orchestre militaire qui joue le jazz devient relativement populaire. Blaise Compaoré y est chanteur. Le Président du Faso est aussi à la base de la création de Missil Band, orchestre du Centre national d’entraînement commando de Pô. Sankara qui prend plaisir à divertir ses invités en jouant de la guitare est le chef d’orchestre des deux groupes précités.

2, Edouardo dos Santos (Angola)

Instrument : Guitare

Introverti, on connaît très peu de choses sur sa jeunesse. Mais il semble que l’homme a tapé dans le ballon. Arrivée à Léopoldville en 1961, il chante et joue de la guitare au sein du groupe Kimbamba do Ritmo avec ses amis de Luanda réfugiés dans la capitale congolaise. A Bakou où il est étudiant, il crée l’orchestre Nzaji avec lequel il enregistre un 33 tours. Les chansons révolutionnaires qu’il compose passent sur les ondes de la Voix de révolutuon congolaise à Brazzaville.  Zedu est un passionné de football. Selon l’histoire officielle, il se serait entraîné avec les joueurs de l’équipe nationale, Palancas Negras, avant le coup d’envoi de la Coupe d’Afrique des nations 2006.

  1. LES LUTTEURS

Faure Essozimna Gnassingbé (Togo)

Dans sa jeunesse, Faure a longtemps pratiqué la lutte traditionnelle. Dans la décennie 80, Il a participé des années durant aux Evalas, ces tournois de lutte d’initiation en pays kabyé. Tous les fils du général-président Eyadema n’ont pas échappé à cet examen de passage  à l’âge adulte.

L’autre président-lutteur à ajouter sur cette liste est Mahamadou Issoufou du Niger.

(…) Mon cher Joseph, quand nous étions au petit séminaire de Mbata-Kiela, nous admirions ta force physique qui n’était que l’expression et la manifestation de la ténacité de ta volonté.

A Kabwe, au grand séminaire, tu nous a donné l’exemple d’un travailleur acharné. (,,,)

Extrait Oraison funèbre de Mgr Malula lors des obsèques du président Joseph kasa.Vubu du mercredi 26 mars 1969 : 10 h 

Quel sport pratiquait le président Joseph Kasa-Vubu sur base de cet extrait ?

Pour l’actuel président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, il est raconté par ses proches qu’il fut un grand gardien de but.

De gauche à droite : Félix Tshisekedi et son ministre des sports et loisirs

Il aurait aussi exercé les arts martiaux et reste un grand fun de football.

Samuel Malonga/sphynxrdc.com

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