Une tribune de Omer Nsongo
Normalement, le parti devenu présidentiel depuis 7 ans après avoir lutté dans l’Opposition pendant 37 ans devait faire du 24 avril de chaque année une date-clé. Celle de l’evaluation de sa lutte pour l’Etat de droit, les Droits de l’homme et la Démocratie. D’abord à son sein. Ensuite au sein de sa plateforme. Enfin au sein de la communauté nationale. Dans cette deuxième livraison de « BALISES » en rapport avec cette date à célébrer ce 24 avril 2026, l’accent est mis sur la gestion des ambitions des sociétaires USN qui font confiance à son leadership parfois, ou même souvent, au péril de leur propre vie d’alliés !
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OBLIGÉ D’ASSUMER LE BILAN
Mais, de prime abord, il y a lieu de restituer le contexte du discours historique du 24 avril 1990, ceci à l’attention des jeunes en majorité déconnectés des réalités d’une histoire pourtant récente. Ce discours est historique en ce qu’il est le dernier de Mobutu en sa qualité de Président Fondateur du Mpr Parti-État. C’etait à Nsele. De cette journée, la seule séquence retenue pour la postérité est malheureusement la phrase « Comprenez mon émotion« . Dans ce message, le maréchal avait pourtant annoncé la dissolution de cette formation politique (créée en 1967 avant de devenir en 1974 une institution étatique) et proclamé la libéralisation politique, c’est-à-dire la démocratisation du pays. Pour avoir combattu de l’intérieur la « dictature mobutienne » à l’érection de laquelle la majorité de ses pères fondateurs avaient participé activement entre le 24 novembre 1965 (date du coup d’État militaire mettant fin à l’existence de la Première République) et le 1er novembre 1980 (date de publication de la Lettre des 13 Parlementaires au maréchal Mobutu), l’Udps était en droit de se considérer comme le tombeur de la « dictature ». Sorti de la clandestinité à laquelle il avait été astreint 8 ans durant (1982-1990), ce parti avait cru son heure arrivée puisqu’il pouvait désormais opérer à découvert ! Ainsi fit-il sonner le glas non pas que pour le Mpr Parti-Etat (liquidé), mais également pour le Mpr Fait Privé et toutes les forces politiques et sociales pro-Mobutu apparues entre le 24 avril 1990 (voici 36 ans) et le 17 mai 1997 (date officielle de la chute du régime Mobutu). Celles qu’on surnomma « Mouvance Présidentielle ».
Depuis, le Mpr peine à survivre, laissant l’espace à l’Udps obligé, le 24 avril prochain, d’assumer le bilan de l’événement !
EN 36 ANS, COMBIEN DE CONGRÈS…
Va-t-il le faire ? Ne va-t-il pas le faire ?
Ce qui est au moins sûr, c’est que sans la lutte de l’Udps, la dictature mobitienne aurait probablement survécu même pour une décennie. Peut-être aussi que ni Laurent-Désiré Kabila, ni Joseph Kabila, ni Félix Tshisekedi ne seraient Président de la République, chacun à son tour.
Et pour avoir poursuivi cette lutte jusqu’au qu’aux élections de 2018, l’Udps a un devoir de mémoire à l’égard des Congolais.
36 ans après, devenu parti présidentiel depuis le 24 juin 2019, il connaît les réalités du terrain. Il est surtout conscient du fait qu’en organisant en 2021 la coalition USN en remplacement de la coalition FCC-CACH, il a l’obligation de prêcher par l’exemple. Le bon ! Notamment dans ce qu’il y a de fondamental dans toute organisation humaine : le respect des statuts et du règlement intérieur.
Et là, commencent les inquiétudes.
Superactif dans la Fatshisphère, Israël Mutombo de « Bosolo Na Politik » s’est « interpellé » récemment au sujet du Congrès statutaire de l’Udps. Il a déclaré avoir du mal à comprendre qu’une instruction donnée par l’ autorité morale Félix Tshisekedi au sujet de la convocation du Congrès ne soit pas appliquée.
En référence justement à ces statuts, l’article 19 prévoit la convocation, par le Président ou la Présidente, du Congrès ordinaire tous les cinq ans, et cela le 1er décembre.
Il se fait qu’au cours de ces 36 dernières années, alors qu’il opère à découvert, l’Udps peine à le faire.
Les derniers deux derniers, d’ailleurs extraordinaire, ont servi à entériner la candidature de Félix Tshisekedi à la présidentielle de 2018 et de 2023. L’avant-dernier, tout aussi extraordinaire, remonte à février 2013 lorsqu’il avait fallu réviser les statuts.
Ainsi, bien que prônant la DÉMOCRATIE, l’Udps tarde à organiser son Congrès ordinaire véritable pour débattre des questions de la vie du parti en même temps que de la vie de la coalition USN et de celle du pays. Parmi les questions de la vie du pays, il y a entre autres les Processus de Doha (délocalisé en Suisse), le Dialogue national, la re-visitation de la Constitution !
Ce sont des questions sensibles sur lesquelles les TDR (termes de référence) doivent être harmonisés au niveau premièrement du parti, secondement de la plate-forme USN.
A QUELLE LOGIQUE OU À QUEL AGENDA OBÉIT FINALEMENT L’UDPS
Malheureusement, il s’observe sur le terrain la position délicate dans laquelle sont placés les sociétaires USN après chaque prestation des udepesiens visiblement mal « briefés ».
Même s’ils ne le disent pas, ces sociétaires non Udps sont par moments comme pris au dépourvu. Ils assistent impuissants non pas que devant des prestations des debaters Udps dans les médias audiovisuels, mais en plus devant la bataille des egos à laquelle se livrent des hauts responsables du parti. Et ça, c’est aux antipodes de la vitalité démocratique.
En fait, l’histoire est en train de se répéter. Elle rappelle combien le leadership de l’Udps fait imploser toutes les plateformes politiques et sociales créées entre 1991 et 2021 :
1.Union sacrée (Us)
2.Union sacrée de l’Opposition (Usor)
3.Union sacrée de l’Opposition radicale et Société civile (Usoras)
4.Alliance pour la Sauvegarde du Dialogue intercongolais (Asd)
5.Rassemblement de l’Opposition (Rassop)
6.Lamuka
8.Cap pour le Changement (Cach)
9.Fcc-Cach
10.Union sacrée de la Nation.
En 31 ans, déjà 10 plateformes !
Quoi de plus normal qu’on en vienne à se demander à quelle logique ou à quel agenda obéit finalement l’Udps…
À la dernière minute, les sociétaires USN viennent d’être notifiés pour faire parvenir au secrétariat permanent leurs propositions par rapport à la re-visitation de la Constitution. Deadline fixé : 20 mai 2026.
On ne sait pas trop pourquoi cette notification est publiée dans les médias alors que par élégance, une réunion discrète du présidium faisait bien l’affaire !
PROCHAINEMENT : « La survie de l’UDPS désormais tributaire de sa mosaïque ! »
Omer Nsongo die Lema
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