Au Forum médias Chine–RDC, tenu ce mercredi 18 mars 2026 à Kinshasa, Jules Alingete a marqué les esprits par un retour solennel et dense sur la scène publique. L’ancien patron de l’Inspection générale des finances a ouvert son intervention en saluant les efforts et l’initiative du président Félix Tshisekedi à travers la création du Tribunal pénal économique et de son parquet, destiné à juger les crimes à caractère économique, notamment les détournements financiers. Il a également rendu hommage à l’implication du gouvernement, en particulier à la Première ministre Judith Suminwa et au ministre de la Justice Guillaume Ngefa, dans la mise en œuvre de cette réforme historique.
Devant un parterre composé d’autorités congolaises, dont le Vice-Premier Ministre en charge de l’Économie Daniel Mukoko Samba, le Ministre de la Communication Patrick Mouyaya, l’ambassadeur de la République populaire de Chine en RDC Zhao Bin, des représentants des entreprises chinoises, le Directeurs général de l’ACP, de l’UNPC ainsi que de nombreux journalistes congolais et chinois, Jules Alingete a mis en lumière les pratiques de surfacturation et de rétrocession ayant marqué plusieurs grands chantiers exécutés sous le régime Kabila.
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Revenant sur le contrat Sino-congolais signé en 2008 entre l’État congolais et la Chine créant la « Sicomines », Jules Alingete a précisé que la RDC devait initialement recevoir 3 milliards de dollars en infrastructures. Cependant, sur près de quinze ans, avant sa révisitation en 2023, le pays n’a bénéficié que d’environ 800 millions de dollars, et la plupart des travaux ont été surfacturés par les autorités congolaises de l’époque. Après la renégociation du contrat en 2023, l’enveloppe a été portée à 7 milliards de dollars, et en seulement deux ans (2023–2025), environ 650 millions de dollars ont déjà été mobilisés pour des projets majeurs, notamment la construction de la rocade, la route nationale numéro 1, et d’autres routes du pays notamment Kalamba Mbuji, L’inspecteur général chef des services honoraire a salué la bonne foi de la partie chinoise dans cette dynamique.
Jules Alingete a également tenu à clarifier une idée répandue : le contrat SICOMINES ne reposait pas sur un échange direct entre minerais et infrastructures. Il a expliqué qu’il s’agissait d’un mécanisme d’exonérations fiscales accordées par l’État congolais aux entreprises chinoises, formalisé par la loi de 2014, en contrepartie de la construction d’infrastructures.
Au-delà des aspects financiers et contractuels, il a rappelé l’importance de traduire la volonté politique en résultats concrets. Selon lui, la corruption reste le principal frein au développement du pays et au progrès social, et seule la mise en œuvre effective du Tribunal pénal économique et de son parquet permettra de juger avec expertise les crimes économiques et financiers, de la fraude au détournement et au blanchiment.
Le retour de Jules Alingete s’inscrit donc dans une démarche de crédibilisation des institutions congolaises et de réaffirmation de l’État dans la lutte contre la haute criminalité économique. Entre hommage aux initiatives du président et dénonciation des dérives passées, son intervention sonne comme un plaidoyer pour une gouvernance rigoureuse et transparente.
NGK





