L’affaire des bateaux de pêche acquis par l’État congolais prend une tournure pour le moins embarrassante. Lors de l’exercice de redevabilité consacré à la première année du gouvernement Suminwa II, le ministre de la Pêche et de l’Élevage, Jean-Pierre Tshimanga Bwana, a révélé que certains navires commandés pour la RDC ne seraient tout simplement pas adaptés aux réalités des eaux congolaises.
Invité lundi sur le plateau de la RTNC, le ministre a expliqué avoir trouvé, à sa prise de fonctions, deux commandes de bateaux déjà engagées, l’une en Espagne et l’autre en Égypte. Une situation qui l’aurait placé devant un dossier largement ficelé avant son arrivée au ministère.
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Selon ses explications, les navires commandés en Égypte étaient pratiquement achevés, tandis que ceux commandés en Espagne étaient bloqués en raison du non-paiement de certaines échéances. Le dossier avait par ailleurs alimenté des interrogations, certains allant jusqu’à mettre en doute l’existence même des embarcations.
Face à ces incertitudes, Jean-Pierre Tshimanga Bwana affirme avoir entrepris des démarches pour faire avancer le dossier, avec l’appui de plusieurs membres du gouvernement. Il dit notamment avoir envoyé une délégation de techniciens chargée de vérifier sur place l’existence, l’état et les caractéristiques des bateaux, avant leur arrivée en République démocratique du Congo.
Mais c’est surtout l’adéquation de ces navires aux besoins réels du pays qui soulève désormais des questions. Le ministre affirme que les bateaux acquis ne sont pas adaptés aux eaux congolaises, mettant ainsi en lumière les limites d’un processus de commande qui aurait été engagé sans suffisamment tenir compte des réalités techniques et opérationnelles locales.
Cette révélation relance donc le débat sur la préparation et le suivi des investissements publics. Comment des navires destinés à soutenir la pêche en RDC ont-ils pu être commandés sans garantir au préalable leur compatibilité avec les eaux dans lesquelles ils étaient appelés à travailler ? La question est désormais posée.

Au-delà du cas des bateaux de pêche, l’épisode renvoie plus largement à la problématique de la planification des projets publics : études préalables, expertise technique, cahiers des charges et adéquation des équipements aux besoins du terrain.
Pour le ministre de la Pêche et de l’Élevage, l’enjeu est désormais de tirer les leçons de ce dossier et de s’assurer que les équipements acquis au nom de l’État puissent effectivement répondre aux objectifs pour lesquels ils ont été commandés.
NGK





