Le rail renaît dans la capitale. Après près de quinze années d’interruption, le trafic ferroviaire urbain a officiellement repris ce lundi 17 août à Kinshasa, sur l’axe reliant la Gare Centrale à l’aéroport international de N’djili. Une renaissance qui se veut avant tout une réponse aux embouteillages qui paralysent quotidiennement la capitale congolaise.
Les Kinois disposent à nouveau d’une alternative au transport routier sur l’un des axes les plus fréquentés de la capitale : la liaison Gare Centrale–aéroport de N’djili, longue d’environ 25 kilomètres.
Deux rotations sont programmées au départ de la Gare Centrale, à 6h30 et 8h30, offrant aux voyageurs une nouvelle possibilité de rejoindre l’aéroport sans affronter les interminables bouchons qui rythment le quotidien de la capitale.
Le dispositif repose également sur une tarification différenciée. Le voyage coûte 1 000 francs congolais en première classe, 2 000 francs en deuxième classe et 2 500 francs en classe VIP. Une politique tarifaire pensée pour rendre le rail accessible à différentes catégories de voyageurs.
L’ambition affichée est claire : gagner entre 20 et 30 minutes sur les temps de déplacement, tout en proposant une solution de mobilité relativement abordable.
Cette reprise intervient quelques semaines après le trajet inaugural effectué par le président Félix Tshisekedi, le 30 juin 2026, à l’occasion de la célébration de l’indépendance de la RDC. Une date hautement symbolique pour marquer la renaissance d’un service dont l’arrêt avait fini par devenir l’un des symptômes des difficultés de mobilité de Kinshasa.
Mais au-delà du transport des passagers, cette relance porte une ambition plus large. Les autorités entendent notamment récupérer les emprises ferroviaires progressivement occupées de manière illégale et restaurer l’espace nécessaire au développement du réseau.

Le pari est donc double : remettre le train sur les rails et reconquérir les rails.
Dans une métropole où la croissance démographique n’est pas accompagnée par une infrastructure routière suffisante, le retour du ferroviaire apparaît comme une nécessité plutôt qu’un simple projet de confort. Chaque jour, des milliers de Kinois consacrent une part considérable de leur temps aux déplacements, avec des conséquences directes sur la productivité, les activités économiques et la qualité de vie.
La liaison avec l’aéroport de N’djili revêt, à ce titre, une importance particulière. Pour les voyageurs, les travailleurs de l’aéroport et tous ceux qui doivent traverser la ville aux premières heures de la journée, le train pourrait progressivement devenir une véritable bouffée d’oxygène.
Mais le défi ne s’arrête pas à cette reprise. Encore faut-il que le service soit régulier, ponctuel, sécurisé et durable. Car Kinshasa n’a pas seulement besoin de relancer son train ; elle a besoin de construire une véritable politique de mobilité urbaine dans laquelle le ferroviaire, les transports routiers et les autres moyens de déplacement fonctionneraient de manière complémentaire.
Reste désormais à faire en sorte que ce retour ne soit pas un simple événement, mais le premier acte d’une nouvelle ère de mobilité pour Kinshasa.
NGK





