La réforme de la paie des agents de l’État franchit un nouveau cap. Le Comité de suivi de la paie (CSP) annonce le lancement d’une phase pilote destinée à faire basculer plus de 4 000 fonctionnaires et agents de l’État affectés dans les zones rurales et non bancarisées vers une paie de proximité par voie bancaire. Une initiative qui porte la marque du leadership du vice-Premier ministre en charge de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau.
Longtemps confrontés aux contraintes de la paie manuelle, les agents de l’État exerçant dans les territoires éloignés des grands centres urbains pourraient bientôt voir leur situation changer. Sur instruction des ministres du Budget, de la Fonction publique et des Finances, le CSP a engagé une nouvelle étape visant à substituer progressivement le système de paiement manuel assuré par les Ordonnateurs délégués des provinces (ODP) à un mécanisme bancaire de proximité.
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Au cœur de cette phase pilote : la Caisse Générale d’Épargne du Congo (CADECO SA). L’institution financière devra assurer le paiement de plus de 4 000 fonctionnaires et agents de l’État, notamment ceux qui demeurent aujourd’hui pris en charge par les Comptables publics dans les provinces.
Le déploiement se fera progressivement, en fonction de l’opérationnalité des agences de la CADECO. Le CSP travaille ainsi avec le management de l’établissement pour relancer certaines agences fermées et faire coïncider leur réouverture avec les zones où les besoins en matière de paie sont les plus urgents.
Le pari du désenclavement salarial
Derrière cette réforme se dessine une ambition plus large : rapprocher l’État de ses agents, jusque dans les territoires où l’accès aux services bancaires demeure limité. Le maillage territorial historique de la CADECO pourrait ainsi retrouver une nouvelle vocation, celle de servir d’infrastructure à une paie publique plus régulière, plus accessible et davantage sécurisée.
Pour le CSP, cette démarche doit contribuer à instaurer une véritable « justice salariale pour le Congo profond », en réduisant progressivement les disparités entre les agents travaillant dans les grands centres urbains et ceux affectés dans les zones rurales.
Cette orientation s’inscrit dans la dynamique portée par Jean-Pierre Lihau, qui fait de la modernisation de l’administration publique et de l’amélioration des conditions de prise en charge des agents de l’État l’un des axes majeurs de son action à la tête de la Fonction publique.
Au-delà de la simple question du mode de paiement, l’enjeu est également institutionnel : sécuriser la chaîne de la paie, limiter les manipulations liées au paiement manuel et garantir aux fonctionnaires, où qu’ils se trouvent sur le territoire national, un accès plus direct à leur rémunération.
Si la phase pilote tient ses promesses, elle pourrait ainsi constituer un tournant dans la réforme de la paie publique en RDC, avec une ambition claire : faire en sorte que l’éloignement géographique ne soit plus synonyme d’éloignement de l’État.
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