Dans le débat public congolais, une erreur revient sans cesse : on confond souvent la crédibilité d’un expert avec le fait d’être d’accord avec ses conclusions.Le professeur Bob Kabamba est un politologue congolais, docteur en sciences politiques et enseignant à l’Université de Liège depuis plus de deux décennies. Ses domaines de spécialisation sont la gouvernance, les systèmes politiques africains, les élections, la démocratisation et la résolution des conflits. Il a également collaboré avec plusieurs institutions internationales et africaines sur ces questions. Cela signifie-t-il qu’il détient toujours la vérité ? Évidemment non.
En science politique, il n’existe pas de vérité révélée. Il existe des analyses, des hypothèses, des interprétations et des arguments. Deux professeurs de même niveau peuvent tirer des conclusions opposées à partir des mêmes faits.La véritable question n’est donc pas : « Bob Kabamba est-il crédible ? »La bonne question est :« Les arguments qu’il avance résistent-ils à la critique ? »
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Un intellectuel crédible accepte d’être contredit. Il fonde son raisonnement sur des textes, des faits et une logique démontrable.Lorsqu’il affirme, par exemple, que la Constitution congolaise ne prévoit que des cas limités de recours au référendum et que certaines initiatives politiques s’en écartent, son affirmation peut être discutée, approuvée ou rejetée. Mais cette discussion doit se faire sur le terrain du droit constitutionnel, non sur celui des injures ou des procès d’intention.
Dans une démocratie, les idées ne se réfutent pas par des slogans ; elles se réfutent par de meilleurs arguments. Pour ma part, je peux partager plusieurs analyses du professeur Bob Kabamba, tout en étant en désaccord avec lui sur d’autres. C’est précisément cela, la liberté intellectuelle. Le danger commence lorsque l’on transforme les universitaires en prophètes… ou en ennemis. Les premiers cessent de penser ; les seconds cessent d’écouter. Le Congo a besoin de débats contradictoires, pas d’unanimité forcée. La crédibilité d’un professeur ne se mesure ni au nombre de ses admirateurs ni au nombre de ses détracteurs. Elle se mesure à la solidité de son raisonnement, à la qualité de ses travaux et à sa capacité d’accepter la contradiction.
CLBB





