Dans une lettre adressée au Président Félix Tshisekedi, le coordonnateur du Front Anti-Dialogue estime qu’aucune réconciliation durable ne peut être obtenue sans vérité, justice, réparation et reconnaissance des victimes.
Le Front Anti-Dialogue (FAD) hausse le ton face aux appels en faveur d’un dialogue national. Dieudonné Nkishi, Coordonnateur de ce front rejette catégoriquement toute initiative de concertation politique qui ne serait pas précédée d’un processus de vérité et de justice. Pour lui, un dialogue organisé dans les conditions actuelles risquerait de reproduire les erreurs du passé et de fragiliser davantage la cohésion nationale.
Datée du 2 août 2026, cette correspondance invite le Chef de l’État à privilégier la mise en place d’une Commission Vérité, Réconciliation et Justice Transitionnelle avant toute convocation d’un dialogue. Le FAD considère qu’il s’agit du seul mécanisme capable de restaurer durablement la confiance entre les Congolais, de reconnaître les victimes et de jeter les bases d’une paix véritable.
Une critique des précédents dialogues politiques
Dans son argumentaire, Dieudonné Nkishi estime que les différents dialogues organisés en République démocratique du Congo n’ont jamais permis de traiter les causes profondes des crises successives. Selon lui, les compromis politiques conclus au fil des années ont davantage favorisé des arrangements entre acteurs qu’une véritable réconciliation nationale, laissant les blessures des victimes et les questions de responsabilité sans réponse.
La justice transitionnelle comme préalable incontournable
Le Front Anti-Dialogue soutient qu’aucune paix durable ne peut être construite sur l’oubli ou l’impunité. S’appuyant sur les principes de la justice transitionnelle, il affirme que la vérité, la justice, la réparation et les garanties de non-répétition doivent impérativement précéder toute initiative politique visant à rapprocher les différentes parties.
Des exemples internationaux mis en avant
Pour étayer sa position, le mouvement cite plusieurs expériences étrangères, notamment celles de l’Afrique du Sud, du Maroc, de la Sierra Leone, du Chili, de l’Argentine, de la Colombie et du Timor-Leste. Selon le FAD, ces pays ont démontré que les mécanismes de vérité et de justice constituent des étapes essentielles vers une réconciliation crédible et durable.
Éviter une nouvelle « prime à l’impunité »
Le document met également en garde contre le risque qu’un nouveau dialogue soit perçu comme une récompense accordée aux auteurs présumés de graves violations des droits humains. Pour Dieudonné Nkishi, la paix ne peut résulter de simples arrangements politiques ou de partages du pouvoir, mais doit reposer sur la reconnaissance des souffrances des victimes et l’établissement des responsabilités.
Une Commission aux missions clairement définies
Le Front Anti-Dialogue propose ainsi la création d’une Commission chargée d’établir la vérité sur les conflits ayant secoué la RDC depuis 1996, d’entendre les victimes, d’identifier les responsabilités, de recommander des poursuites judiciaires lorsque les faits l’exigent, de proposer des réparations et de formuler des réformes institutionnelles destinées à empêcher la répétition des violences.
Un appel à un « acte historique »
En conclusion, Dieudonné Nkishi invite le Président Félix Tshisekedi à rompre avec la logique des compromis politiques pour engager un processus fondé sur la vérité, la justice et la mémoire. Selon lui, la création d’une Commission Vérité, Réconciliation et Justice Transitionnelle constituerait un acte historique susceptible de consolider durablement l’État de droit, de restaurer la confiance entre les Congolais et d’ouvrir la voie à une réconciliation nationale sincère.
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