Une ttribune de Omer Nsongo
TOUJOURS PAS D’ELEMENTS POUR QUALIFIER L’AGRESSION
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Par voie de conséquence, impossible pour les autorités congolaises de contraindre le Conseil de sécurité à actionner le chapitre 7 de la Charte des Nations Unies préconisant l’Action à mener « en cas de menace contre la paix, de rupture de la paix et d’acte d’agression », selon des articles 39 à 51. Déduction à tirer : depuis la dénonciation de la présence des troupes rwandaises sur le sol congolais par le secrétaire général de l’Onu Antônio Guterres en avril 2024, le Conseil de sécurité n’a toujours pas d’éléments pour qualifier cette présence d’agression !
AGRESSION : MÈRE DE LA PLUPART DES CRIMES INTERNATIONAUX
Il est bon de rappeler à ce sujet qu’au cours de la conférence des Etats parties au Traité de Rome portant création de la CPI tenue à Kampala du 31 mai au 11 juin 2010, une définition du crime d’agression avait été adoptée. Il y est écrit : « Dans l’ordre international contemporain, l’agression apparaît comme le crime le plus grave qui puisse être commis dans les relations entre Etats. C’est peut-être même le plus grave des crimes internationaux : non seulement il porte atteinte à l’existence-même de l’Etat victime et, ce faisant, aux principes essentiels du droit international, mais encore il est généralement à l’origine des autres crimes considérés comme les plus graves par la communauté internationale, en particulier le crime de guerre et le crime contre l’humanité. En ce sens, l’agression peut être considérée comme la mère de la plupart des crimes internationaux résultant de la violence de l’Etat« .
JAMAIS RECONNU LE RWANDA ETAT AGRESSEUR !
Or, quand on réalise, à la lumière de ces éléments, que l’agression dont la RDC est victime de la part du Rwanda ne mobilise pas la Communauté internationale comme il se doit, on est en droit de réclamer la raison de la « discrimination ».
C’est vrai du côté de la RDC, il y a un problème : du Communiqué final du Mini-sommet de Luanda le 23 novembre 2022 à la 6ème révision du Comité conjoint de suivi le 24 juin 2026, soit depuis plus de 4 ans, aucun document contresigné par Kinshasa dans le cadre de tous les Processus enclenchés ne porte la mention « agression ». Même pas les résolutions 2773 et 2825 du Conseil de sécurité de l’Onu.
De ce fait, la RDC – malgré sa diplomatie agissante – ne parvient pas à faire endosser par l’Onu l’agression rwandaise ! Par ricochet, l’UE, l’UA, la CEEAC, la SADC et l’EAC, et même les pays dits amis ne reconnaissent formellement le Rwanda Etat agresseur de la RDC !
Bien qu’ils admettent la présence des troupes du Rwanda sur le territoire congolais, ils s’abstiennent de l’assimiler à une agression. Au contraire, ils la justifient par une autre notion en Droit international appellée droit de poursuite permettant aux forces de police ou aux forces militaires d’un État « de poursuivre en dehors de son territoire (dans les eaux internationales ou sur le territoire d’un autre État) l’auteur d’une infraction au droit international » !
En l’espèce, pour le Rwanda, c’est la présence avérée des FDLR que le Gouvernement s’est engagé à désarmer ; ce qu’il peine malheureusement à faire !
UNE FAÇON DE LUI RENDRE LA MONNAIE DE SA PIÈCE
Une fois de plus, rattrapé par son propre passé, l’Udps doit se rappeler des actes ci-après :
1.la guerre de l’Afdl entre octobre 1996 et mai 1997 avait été qualifiée d’ agression par le régime Mobutu. L’Udps avait soutenu la thèse d’une rébellion !
2.les guerres du Rcd et du Mlc entre août et octobre 1998 avaient été qualifiées d’ agressions par le régime Laurent-Désiré Kabila qui porta même plainte à charge du Rwanda, du Burundi et de l’Ouganda auprès de la Cour internationale de justice (CIJ) en février 1999. L’Udps avait soutenu la thèse d’une rébellion. (Ironie du sort, c’est sous son mandat que l’Ouganda est en train de verser depuis 2022 des indemnisations liées à la Guerre des Six Jours survenue à Kisangani en juin 2000, lesquelles n’ont aucun lien avec cette guerre. Le Gouvernement se livre simplement à une escroquerie d’État en les détournant de leur destination véritable) .
3.Les guerres du Cndp et du M23 en 2009 et 2012 avaient été qualifiées d’ agressions par le régime Joseph Kabila. Une fois de plus, l’Udps avait soutenu la thèse d’une rébellion.
Pour les observateurs avertis, la guerre du M23 présentée par le régime Félix Tshisekedi comme une agression n’a pas à faire exception. Elle est aussi une rébellion ! Une façon de lui rendre la monnaie de sa pièce !
LE SUMMUM DE LA STUPIDITÉ
Ce qui est cependant important à retenir, c’est le non-sens de conditionner aujourd’hui la participation au Dialogue national par le préalable de la dénonciation de l’agression rwandaise.
En effet, on ne peut pas asseoir cet argument sur une insécurité remontant à 30 ans et ayant occasionné plus de 10 millions de morts pour les uns, 15 millions pour les autres, et se limiter à l’agression actuelle.
La logique serait d’établir des statistiques pour déterminer combien de milions de morts y a-t-il eu pour les rébellions, pardon, les agressions :
-de 1996-1997 pour l’Afdl sous Mobutu ;
-de 1998 pour le Rcd et le Mlc sous L-D. Kabila ;
-de 2009 et 2012 pour le Cndp et le M23 sous J. Kabila, et
-de 2021 à ce jour pour le M23 deuxième version sous Félix Tshisekedi.
On réalisera qu’on est dans une comptabilisation à la fois macabre et stupide.
D’ailleurs, le summun de la stupidité est en pleine démonstration lorsqu’on commence à individualiser la responsabilité des crimes, tout cela parce qu’on veut avoir la « garantie » de participer au Dialogue initié pour dénoncer une agression rwandaise que le Gouvernement se révèle lui-même incapable de faire endosser par la Communauté internationale.
Moralité : lorsque les intellectuels se mettent à se « désintellectualiser », c’est qu’il y a péril en la demeure !
Omer Nsongo die Lema
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