La situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo continue de dominer les colonnes de la presse nationale ce mardi. Entre la découverte de fosses communes au Sud-Kivu, la reprise des affrontements autour de Rubaya, les appels à une mobilisation régionale et le débat sur les conditions d’un retour durable à la paix, les médias dressent le portrait d’une crise qui demeure profondément préoccupante.
L’Agence congolaise de presse (ACP) révèle une découverte glaçante au Sud-Kivu : onze fosses communes ont été mises au jour dans les cités de Sange et de Luvungi, dans le territoire d’Uvira, sept mois après les massacres attribués aux rebelles du M23. Cette découverte est le résultat d’une enquête menée conjointement par l’Auditorat militaire supérieur du Sud-Kivu et la 33ᵉ région militaire. Selon le colonel-magistrat Kumbu Ngoma, plusieurs sites d’inhumation collective ont été identifiés, avec des éléments susceptibles de servir de preuves dans de futures poursuites pour crimes graves.
Sur le terrain, La Tempête des Tropiques fait état d’une nouvelle flambée de violences dans les groupements de Kibabi I et II, où les affrontements opposant l’AFC/M23 aux combattants Wazalendo se poursuivent à l’arme lourde et légère. Citant la société civile, le quotidien explique que ces offensives viseraient à consolider l’emprise des rebelles autour du stratégique site minier de Rubaya ainsi que du centre commercial de Ngungu, accentuant ainsi l’insécurité et les souffrances des populations civiles.
Face à cette détérioration persistante, Le Potentiel rapporte que les ministres Shabani et Anzuluni appellent à une mobilisation des États de la sous-région afin de contenir l’escalade de la violence. Les deux responsables plaident pour une concertation régionale renforcée, estimant qu’une réponse collective demeure indispensable pour restaurer durablement la stabilité dans l’Est du pays.
La recherche de la paix alimente également le débat politique. Actualité.cd relaie l’analyse du politologue Bob Kabamba, selon laquelle « l’option paix passe toujours avant l’option justice ». L’universitaire rappelle que les précédents processus de sortie de crise en RDC ont souvent privilégié les compromis politiques et la réconciliation avant les poursuites judiciaires, une approche qu’il considère comme récurrente dans l’histoire récente du pays.
Toutefois, cette vision ne fait pas l’unanimité. Le même média souligne que la société civile du Nord-Kivu exige avant tout le rétablissement effectif de l’autorité de l’État dans les territoires occupés. Les forces vives locales estiment qu’aucun référendum ni aucune grande initiative politique ne devrait être envisagé tant que la sécurité ne sera pas rétablie et que les populations déplacées n’auront pas regagné leurs localités.
À travers ces différentes publications, la presse congolaise met en lumière une évidence : au-delà des initiatives diplomatiques et des débats politiques, la restauration de la sécurité demeure la condition essentielle pour espérer une paix durable dans l’Est de la République démocratique du Congo.
NGK


