Kinshasa célèbre, Lubumbashi change de gouvernance. En ce jeudi 17 juillet 2025, la presse congolaise met en lumière deux événements majeurs qui illustrent à la fois le rayonnement culturel croissant de la République démocratique du Congo et les secousses politiques internes qui agitent ses provinces.
Le Festival mondial de la musique et du tourisme : Kinshasa, capitale culturelle de l’Afrique
C’est dans une ambiance festive et résolument panafricaine que le Président Félix-Antoine Tshisekedi a lancé, mercredi 16 juillet au Centre culturel des Pays d’Afrique centrale, la première édition du Festival mondial de la musique et du tourisme, rapporte La Prospérité. Ce rendez-vous inédit, qui se tient jusqu’au 18 juillet, ambitionne de faire de la RDC un hub culturel et touristique sur l’échiquier mondial.
Selon Mediacongo.net, le chef de l’État a affirmé que ce festival s’inscrit dans une vision de diversification économique, avec le tourisme comme pilier stratégique. Dans un discours empreint de fierté, il a également salué la richesse de la gastronomie congolaise, soulignant son rôle central dans la promotion des identités locales.
7sur7.cd ajoute que le Président a replacé l’événement dans le cadre d’une stratégie de soft power, mobilisant les forces créatives et culturelles pour renforcer l’unité nationale et offrir au monde une image positive et inspirante de la RDC. Une démarche saluée par Info 27, qui voit dans cette initiative une volonté affirmée de faire de la rumba congolaise, patrimoine de l’humanité, un symbole de résilience et de rayonnement international.
Le ministre du Tourisme, Didier M’pambia, cité par Actualite.cd, a rappelé le rôle moteur que jouait autrefois le tourisme, notamment dans la lutte contre la pauvreté et l’inclusion sociale, avant que les conflits dans l’Est n’en freinent l’élan.
Pour sa part, l’Agence congolaise de presse salue une initiative porteuse de visibilité, qui redonne vie au slogan : « RDC, cœur de l’Afrique ».
Haut-Katanga : Jacques Kyabula écarté, Martin Kazembe prend l’intérim
Mais pendant que la capitale danse, le Haut-Katanga entre dans une zone de turbulences politiques. Le vice-gouverneur Martin Kazembe a été officiellement notifié, mercredi 16 juillet, pour assurer l’intérim du gouverneur Jacques Kyabula, rapporte Le Potentiel.
Selon La Prospérité, cette mise à l’écart fait suite à la convocation du gouverneur à Kinshasa, où il devait s’expliquer sur des propos jugés ambigus et politiquement sensibles, tenus lors d’un meeting à Lubumbashi. Africa News indique que Kyabula a invoqué des raisons de santé pour justifier son absence à cette convocation lancée par le vice-premier ministre de l’Intérieur.
Mais derrière l’excuse officielle, la presse perçoit une tension palpable. Actualite.cd rappelle que Kyabula a évoqué publiquement l’ancien président Joseph Kabila et Corneille Nangaa, soupçonnés d’être liés à la rébellion dans l’Est, en les qualifiant de « Congolais avec qui il faut régler les différends en famille ».
Une sortie interprétée par certains comme un appel à la réconciliation, mais vue par d’autres, au sein de la majorité, comme un signe de proximité politique avec des figures accusées de soutenir l’AFC et les rebelles du M23. Une ambiguïté qui a jeté un froid au sein des cercles du pouvoir, selon plusieurs analystes cités dans les médias.
Une nation entre image internationale et recomposition intérieure
Entre le fastueux festival de Kinshasa et la déflagration politique du Haut-Katanga, la RDC expose ses deux visages : celui d’un pays qui veut briller sur la scène internationale par la culture et le tourisme, et celui d’un État encore fragile, où les équilibres politiques internes restent précaires.
Alors que la musique résonne sur les rives du fleuve Congo, les coulisses du pouvoir grondent dans les Hauts-Plateaux du Katanga. Et la presse congolaise, entre espoir et inquiétude, en capte tous les échos.

