Une tribune de Omer Nsongo
Après le Monopartisme d’Etat qu’il avait fortement combattu de 1982 à 1990, le parti devenu présidentiel en 2019 semble pris d’engourdissement après 7 ans d’exercice d’un Pouvoir auquel il ne s’est visiblement pas préparé de façon conséquente 37 ans durant…
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VICTOIRE SUR LE MOBUTISME
Le 24 avril 1990, consommant son troisième septennat arrivant à terme en 1991, Mobutu annonce publiquement la dissolution du « MPR PARTI-ETAT ».
En effet, fortement affecté par la fin tragique de son ami Nicolae Ceausescu en Roumanie, tué avec sa femme Elena le 25 décembre 1989 dans la foulée des événements de la Perestroïka en URSS, le maréchal du Zaïre prend conscience des limites de sa puissance. À l’UDPS, la libéralisation politique annoncée ce jour-là est perçue pour ce qu’elle est : la fin de la dictature certes, mais surtout l’entame de la démocratie génératrice du progrès social. Bref : la victoire sur le Mobutisme. TRENTE SIX ANS plus tard, le MPR Fait Privé ayant disparu, peut-on dire de l’UDPS qu’il a atteint sa mission d’instaurer véritablement l’Etat de Droit, les Droits de l’homme et la Démocratie sur le territoire congolais ? Le doute est permis.
CONCEPTS DESQUELS DÉPENDENT LA PAIX, LA SÉCURITÉ, LA JUSTICE, LE DÉVELOPPEMENT…
Comme relevé dans « BALISES » du 20 octobre 2024 sous le titre « Monsieur le Président, le régime Udps ne devrait contenir aucun ‘cadavre’ dans aucun ‘tiroir’ !, le parti présidentiel a le devoir d’être *clean* dans tous les domaines de la vie publique. Et non se salir les mains en faisant rappeler à la mémoire collective les travers autrefois reprochés aux régimes MPR sous Mobutu, AFDL sous Laurent-Désiré Kabila et PPRD sous Joseph Kabila. On ne le dira jamais assez : ni le MPR, ni l’AFDL, moins encore le PPRD n’ont dans leurs passés respectifs trace d’une lutte véritable contre une quelconque dictature. Le MPR er le PPRD ont été créés en pleine exercice du pouvoir d’État. Pour rappel, le MPR l’a été en mai 1967, deux ans environs après le coup d’Etat du 24 novembre 1965. Le PPRD en avril 2002, en plein Dialogue Intercongolais, plus d’une année après l’accession de Joseph Kabila à la magistrature suprême. Quant à l’AFDL, elle avait fait son apparition au travers de la guerre dite de Libération enclenchée en octobre 1996, à un moment où Mobutu avançait vers sa mort physique survenue d’ailleurs en septembre 1997. Une année après. Les trois formations politiques n’ont pas connu une lutte politique dans l’Opposition. Ce qui n’est pas le cas de l’UDPS créé dans la clandestinité en 1982 avant d’opérer à découvert à partir d’avril 1990. Pour convaincre le peuple du bien-fondé de sa lutte, l’UDPS avait fait valoir à l’époque les concepts nobles de ce qu’on appelle aujourd’hui la gouvernance institutionnelle, à savoir « Etat de Droit », « Droits de l’homme » et « Démocratie ». À l’en croire, de ces concepts dépendent la paix, la sécurité, la justice, le développement, etc. HELAS ! ON SE « PROFESSIONNALISE » DANS LA JUSTIFICATION DU NON-JUSTIFIABLE
Or, il se constate dans la communication de la « Fatshisphère » la tendance à imposer une « jurisprudence » quand il s’agit dénoncer les travers du régime UDPS depuis son accession aux affaires le 24 janvier 2019. Il y a-t-il un fait avéré de détournement des derniers publics ou de corruption dans le chef d’un ministre ? Repartie instantanée : sous le régime Joseph Kabila, il y avait aussi des cas de détournements et de corruption. Moralité : « Taisez-vous ! Circulez y a rien à voir !
« Il y a-t-il un fait avéré d’interpellation ou d’arrestation arbitraire dans le chef d’un responsable de l’appareil militaire, policier, sécuritaire ou judiciaire ? Repartie programmée : sous le régime Joseph Kabila, il y avait des interpellations et des arrestations. Moralité : « Taisez-vous ! Circulez y a rien à voir !
« Il y a-t-il un fait de chantier lancé mais non construit ou construit mais non achevé ? Repartie automatique : il y en a eu sous le régime Joseph Kabila Moralité : « Taisez-vous ! Circulez y a rien à voir ! ».
Il y a-t-il un fait de sextape dans le chef d’un conseiller au cabinet ou d’un directeur général d’un établissement, d’un service ou d’une entreprise d’État ? Repartie pré positionnée : il y en a eu sous le régime Joseph Kabila ! Moralité : « Taisez-vous ! Circulez y a rien à voir ! « . Il y a-t-il un fait d’inondation ou d’embouteillage dans la ville de Kinshasa ? La repartie garantie : on emmène sur le plateau de la télé des images d’inondation aux États-Unis et d’embouteillage en Allemagne sans savoir qu’en Amérique, il y a la saison des ouragans tandis qu’en Europe, il y a la saison des vacances ! Moralité : « Taisez-vous ! Circulez y a rien à voir ! ».
Bref, on se « professionnalise », hélas !, dans la justification du non-justifiable.
Conséquences malheureuses : -on normalise le port, par le chef de l’Etat, du chapeau « monyere » au moment solennel de saluer l’étendard national, voire de passer les troupes en revue ; -on normalise la revisitation de la Constitution sans respecter les règles établies ; -on normalise finalement l’ engourdissement observé dans le fonctionnement des institutions du MPR PARTI-ETAT en ce que le Parlement redevient de plus en plus « Conseil législatif » ; le Gouvernement « Conseil exécutif » pendant que les Cours et Tribunaux redeviennent « Conseil judiciaire ». On est de plain-pied dans le présidentialisme de type mobutien décrit dans l’article 30 de la Loi n°74/020 du 15 août 1974 portant révision de la Constitution du 24 juin 1967, à savoir : « Le Président du Mouvement Populaire de la Révolution est de droit Président de la République et détient la plénitude de l’exercice du pouvoir. Il préside le Bureau politique, le Congrès, le Conseil Législatif, le Conseil Exécutif et le Conseil Judiciaire ».
L’AUTRE DIRAIT : IL SERAIT EN PLEINE AUTO-LIQUIDATION
C’est pourtant à cette structuration que les 13 Parlementaires s’étaient opposés dans leur Lettre au Maréchal Mobutu un certain 1er novembre 1980, avant de donner naissance à l’UDPS en 1982. C’est ici l’occasion de se poser cette question pertinente : est-ce l’Udps serait en fin de vie, alourdi à son tour par les 7 ans du Pouvoir auxquels il semble ne pas s’adapter ? Serait-il dans l’état d’immobilisme du boa ayant avalé une grosse chèvre ? Vraisemblablement, en se satisfaisant de la reproduction des « anti-valeurs » autrefois attribuées au MPR, à l’AFDL et au PPRD, l’UDPS apprend à ses dépens combien « La critique est aisée, mais l’art est difficile « , si bien que sa survie est désormais tributaire de sa mosaïque constituée jusque-là d’une légion des partis politiques agréés en prévision des élections de 2023 pendant que d’autres, plus actives, occupent de plus en plus l’espace à sa place ! Là où sa mosaïque organise des meetings dans des stades, l’UDPS – qui ne respecte ni ses propres textes (statuts et règlement intérieur), ni les textes régissant l’Etat (Constitution et Lois de la République) – se réfugie dans des matinées dites politiques ! L’autre dirait qu’il serait en auto-liquidation…
PROCHAINEMENT : « La survie de l’UDPS désormais tributaire de sa mosaïque !
Omer Nsongo die Lema@omernsongoE-mail : [email protected] Facebook : Omer Nsongo WhatsApp : +243993833277





