Réunis du 6 au 8 avril 2026 dans un lieu tenu secret, les membres fondateurs du Mouvement Sauvons la RDC ont franchi un nouveau cap dans leur opposition au pouvoir en place, à l’issue d’un conclave stratégique présidé par l’ancien chef de l’État Joseph Kabila. Dans un communiqué final au ton particulièrement sévère, la plateforme dresse un tableau alarmant de la situation nationale et appelle ouvertement à une mobilisation fondée sur la Constitution.
Dans une atmosphère décrite comme à la fois confidentielle et décisive, cette rencontre organisée en format réduit pour éviter toute fuite s’est tenue à la fois en présentiel dans un pays africain resté discret et en virtuel. Selon plusieurs sources, ce huis clos stratégique aurait bénéficié de l’aval des autorités du pays hôte, dont le président n’a pas caché ses critiques à l’égard de la gouvernance à Kinshasa, qualifiant les dirigeants congolais d’« aventuriers » et dénonçant une corruption structurelle freinant le développement régional.
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Au cœur des discussions, un constat sans concession : celui d’une dérive autoritaire du régime actuel. Le Mouvement Sauvons la RDC accuse le pouvoir d’avoir instauré une répression politique systématique, marquée par le musellement des voix dissidentes et le refus de tout dialogue crédible. Plus grave encore, la plateforme évoque une « voie de la guerre » choisie par les autorités, y compris contre des populations civiles, en violation flagrante du droit international humanitaire.
Les signataires du communiqué dénoncent notamment les bombardements de zones densément peuplées dans l’Est du pays, citant les territoires de Minembwe, Masisi et la ville de Goma, ainsi que l’abandon des populations face aux exactions de groupes armés comme les ADF en Ituri et dans le Nord-Kivu. Ils pointent également les violences attribuées aux milices Mobondo dans le Grand Bandundu et à Maluku, décrivant une situation humanitaire catastrophique.
Dans ce contexte, le mouvement exprime sa solidarité envers les millions de Congolais victimes de cette insécurité généralisée. Il souligne par ailleurs la dégradation continue des conditions de vie, rappelant qu’environ 64 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté selon les dernières données de l’Institut National de la Statistique.
Sur le plan diplomatique, les initiateurs du conclave reconnaissent les efforts de médiation engagés à l’échelle internationale, de Washington à Nairobi, en passant par Doha et les initiatives conjointes de la CENCO et de l’ECC. Toutefois, ils estiment que ces démarches restent vouées à l’échec en raison de la « mauvaise foi » du pouvoir et de l’absence de prise en compte des causes profondes de la crise, notamment le non-respect des équilibres issus des accords de Sun City et des principes constitutionnels.
Le communiqué met également en garde contre l’opacité entourant certains accords internationaux récents, notamment avec les États-Unis. Le mouvement évoque des inquiétudes sur un accord sanitaire jugé attentatoire à l’éthique médicale et aux données personnelles, ainsi que sur un projet d’accueil de migrants refoulés, perçu comme une atteinte à la souveraineté nationale.
Dans une tonalité résolument engagée, les membres fondateurs rejettent toute tentative de révision constitutionnelle et invoquent explicitement l’article 64 de la Constitution, qui consacre le droit de tout citoyen à s’opposer à toute prise de pouvoir par la force ou en violation des dispositions constitutionnelles. Ils réaffirment ainsi leur détermination à poursuivre la lutte « jusqu’à la fin de la dictature ».
Ce deuxième conclave, organisé après celui de Nairobi, marque un tournant stratégique pour la plateforme Sauvons la RDC. En optant pour la discrétion et une coordination resserrée, ses initiateurs semblent vouloir passer d’une phase de dénonciation à une logique d’action structurée. Reste à savoir si cet appel à la résistance trouvera un écho suffisant dans une population éprouvée, mais de plus en plus attentive aux dynamiques politiques qui façonnent son avenir.
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