Le gouvernement veut tourner la page des mises à la retraite organisées par vagues ponctuelles. En exécution des instructions du président de la République, le vice-Premier ministre, ministre de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, a réuni les experts de l’Administration publique relevant du régime général et des régimes particuliers afin de travailler à la mise en place d’un processus régulier, prévisible et durable de départ à la retraite.
La mission confiée au VPM Lihau implique plusieurs secteurs du gouvernement, notamment l’Intérieur, la Défense nationale, les Anciens combattants, le Budget, les Finances, l’Éducation nationale, la Justice, la Santé ainsi que l’Enseignement supérieur et universitaire. L’ensemble du processus est placé sous la coordination de la Première ministre, cheffe du gouvernement.
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Au cœur de cette démarche figure la nécessité de disposer, secteur par secteur, d’un état précis de l’avancement de la mise à la retraite programmée pour l’exercice 2026 et des projections pour 2027. Jean-Pierre Lihau rappelle avoir présenté un plan décennal destiné à absorber progressivement les quelque 300 000 agents éligibles à la retraite, tous secteurs confondus. Désormais, l’ambition est de traduire cette vision en plans opérationnels réalistes, adaptés aux spécificités de chaque secteur.
Autre priorité : instaurer un plan trimestriel permanent de mise à la retraite couvrant aussi bien le régime général que les régimes particuliers. Le dispositif devra garantir aux agents concernés un départ digne, notamment à travers le paiement effectif des indemnités de fin de carrière par l’État et le gouvernement, ainsi que des pensions relevant de la Caisse nationale de sécurité sociale des agents publics.

Le financement constitue précisément l’un des principaux défis identifiés. Le gouvernement entend ainsi explorer des mécanismes innovants et pérennes, notamment à travers la mobilisation des partenaires bancaires et la valorisation des placements de la sécurité sociale. L’idée avancée est également de constituer un fonds de retraite susceptible de s’appuyer sur le marché financier, la Bourse et d’autres secteurs d’investissement, notamment l’immobilier, afin de répondre durablement aux contraintes de trésorerie de l’État. Dans les secteurs de la défense et de la sécurité, ce processus doit aussi contribuer au rajeunissement et à la professionnalisation des effectifs, tout en assurant la continuité des services publics.
Le calendrier est particulièrement serré : un premier rapport doit parvenir au président de la République dans un délai maximal de quinze jours, tandis que les propositions concrètes devront être soumises à la validation politique des membres du gouvernement au plus tard le 24 septembre 2026. Pour Jean-Pierre Lihau, cette démarche dépasse la seule gestion administrative : elle touche à l’avenir de l’appareil étatique et à la dignité des agents ayant accompli leur carrière. Le gouvernement entend ainsi faire évoluer la mise à la retraite d’une succession d’opérations ponctuelles vers un processus permanent, progressif, prévisible et mieux financé.
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