À Kinshasa, la journée politique de ce mardi 15 septembre est dominée par deux rendez-vous qui se télescopent : la rentrée parlementaire de septembre à l’Assemblée nationale et la marche annoncée par la coalition C64 contre tout projet de changement de la Constitution. Dans leurs éditions du jour, plusieurs médias kinois s’attardent particulièrement sur le compromis trouvé entre les organisateurs de la manifestation et les autorités provinciales autour du parcours.
Infos 27 place les deux événements au cœur de son analyse sous le titre : « Rentrée parlementaire, marche de la C64 : ce mardi, la démocratie face à ses responsabilités ». Le média met en parallèle la reprise des travaux au Palais du Peuple et la mobilisation de l’opposition contre toute perspective de révision constitutionnelle.
Pour Infos 27, la question est surtout celle de la coexistence de ces deux expressions de la démocratie. Le choix initial de la C64 de faire converger les manifestants vers le siège du Parlement, alors que les députés reprennent leurs travaux, pouvait créer une situation particulièrement sensible. Le média estime dès lors que chaque acteur doit pouvoir exercer son rôle : le Parlement dans le débat institutionnel, l’opposition dans la contestation et les autorités dans la protection des personnes, des libertés et des institutions.
Le journal rappelle par ailleurs que la rentrée parlementaire du 15 septembre est prévue par l’article 115 de la Constitution. Il invite ainsi à distinguer le droit de l’opposition à contester des intentions qu’elle attribue au pouvoir concernant une éventuelle modification de la Loi fondamentale.
7sur7.cd s’intéresse davantage au compromis conclu avec l’Hôtel de ville. Dans son article intitulé « Kinshasa : Le gouvernement provincial prend acte de la marche de la C64 », le média revient sur la réunion tenue lundi entre une délégation de l’opposition et le gouvernement provincial.
Sous l’impulsion du gouverneur Daniel Bumba, les discussions ont notamment porté sur les conditions d’encadrement de la manifestation et sur la nécessité de préserver l’inviolabilité du Parlement à la veille de la rentrée parlementaire. Conséquence directe de ces échanges : le point de chute initialement envisagé près du Palais du Peuple a été déplacé.
Le nouveau dispositif prévoit un rassemblement du côté du siège de l’ECIDé, près de l’école Sévigné, en face du stade des Martyrs. Deux itinéraires ont également été retenus pour permettre l’acheminement des manifestants.
Le Potentiel revient lui aussi sur cette modification avec un titre sans ambiguïté : « Manifestation de l’opposition à Kinshasa : le point de chute déplacé ». Le quotidien souligne que l’accord intervenu à la veille de la manifestation permet d’éviter que la mobilisation ne se transforme en rassemblement aux abords directs du Palais du Peuple, où se tient simultanément la rentrée parlementaire.
Pour le journal, cet arrangement vise à trouver un équilibre entre le droit de l’opposition à manifester et la nécessité de garantir l’accès au Parlement et d’éviter une confrontation autour de l’institution. Le Potentiel détaille également les points de rassemblement annoncés par la C64 : l’échangeur de Limete pour les participants venus de la Tshangu et de Mont-Ngafula, ainsi que le rond-point Moulaert pour ceux de la Funa et de la Lukunga. Les différents groupes doivent ensuite converger vers le boulevard Triomphal.
L’Agence Congolaise de Presse (ACP) met pour sa part l’accent sur la réunion d’harmonisation tenue à l’Hôtel de ville de Kinshasa. La rencontre entre les autorités et les organisateurs a principalement porté sur les modalités pratiques et sécuritaires de la manifestation, dans un contexte marqué par la tenue, le même jour, de la rentrée parlementaire.
Dans la presse en ligne, Actualité.cd s’attarde également sur le dispositif prévu pour la marche, notamment les différents points de ralliement et les itinéraires retenus dans la capitale. Le média met ainsi en lumière les modalités arrêtées pour encadrer le déplacement des manifestants.
Au fil des publications, un même constat se dégage donc de la presse kinoise : au-delà du bras de fer politique autour de la Constitution, c’est surtout la capacité des différents acteurs à faire coexister manifestation de l’opposition, rentrée parlementaire et maintien de l’ordre public qui retient l’attention. Le déplacement du point de chute apparaît ainsi comme le principal compromis de dernière minute destiné à prévenir une confrontation directe autour du Palais du Peuple.
NGK


