Roger Diasiwa, alias Radja Kula, danseur, chorégraphe et véritable créateur de pas,
s’est éteint il y a six ans, laissant derrière lui une empreinte indélébile dans l’histoire de la danse congolaise. il avait marqué Kinshasa au cours des années 1980 et 1990, au point de devenir l’une des figures emblématiques de la danse populaire de cette époque.
Radja Kula ne se contentait pas de danser. Il inventait, transmettait et imposait des mouvements qui finissaient par gagner les scènes et les rues de la capitale. Plusieurs orchestres congolais ont bénéficié de son savoir-faire, notamment le Tout Puissant Zaïko Langa Langa, auquel il a apporté certains de ses pas devenus mémorables.
Au fil des années, son génie chorégraphique lui a valu un surnom aussi évocateur qu’exceptionnel : « l’Homme aux 6 600 phases de danse ». Une appellation qui résumait, à elle seule, la richesse de son répertoire et l’originalité de ses créations. Des pas tels que Tara et Sonzo ma, entre autres, ont contribué à forger sa légende auprès des mélomanes et des passionnés de danse.
Mais Radja Kula était également un artiste qui savait associer spectacle, élégance et identité culturelle. Il avait créé son propre orchestre, baptisé « Station Japana », dans lequel il associait la danse à la Sape, autre phénomène culturel majeur de la société congolaise. Cette passion pour le Japon et son univers vestimentaire lui avait d’ailleurs valu le surnom de « Japonais », avant qu’un voyage au pays du Soleil-Levant ne vienne donner une résonance particulière à cette appellation.
Radja Kula est décédé au Kenya. En septembre 2020, sa dépouille a été rapatriée en République démocratique du Congo, son pays natal, où il a été accompagné par les siens pour son dernier voyage.
Six années se sont désormais écoulées depuis sa disparition. Le temps passe, les générations se succèdent, mais certaines empreintes résistent à l’oubli. Celle de Radja Kula demeure notamment dans les pas de danse qu’il a créés, dans les souvenirs des mélomanes et dans la mémoire de ceux qui l’ont vu faire vibrer Kinshasa.
Six ans après, Radja Kula n’est plus là pour danser, mais ses pas continuent de faire danser les souvenirs. Qu’il repose en paix.
Deb’s Bukaka





