Les victimes des activités illicites de l’Ouganda en République démocratique du Congo devront encore patienter avant la reprise des indemnisations individuelles. Le Fonds spécial de répartition et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda (FRIVAO) assure toutefois que le processus n’est pas abandonné et qu’il reprendra une fois l’audit indépendant du fichier des bénéficiaires finalisé.
Le président du Conseil d’administration a.i. de FRIVAO, Dismas Kitenge, l’a expliqué vendredi lors d’un échange avec la presse à Kisangani. Selon lui, un cabinet indépendant a été recruté pour examiner le fichier des victimes et relever d’éventuelles irrégularités.
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<< FRIVAO a recruté un cabinet d’audit indépendant qui va produire un rapport final sur le fichier des victimes de Kisangani. Ce rapport sera assorti de recommandations claires >>, a-t-il indiqué, précisant que la reprise des indemnisations individuelles interviendra après la réception et l’examen de ce rapport.
Des irrégularités à clarifier
Cet audit intervient dans un contexte marqué par des dénonciations concernant la gestion du fichier des victimes. Plusieurs irrégularités auraient notamment été relevées, parmi lesquelles la présence présumée de victimes fictives et de personnes non certifiées comme victimes ayant pourtant bénéficié d’une indemnisation.
Dismas Kitenge affirme que ces dénonciations ne proviennent pas uniquement de l’administration, mais également de certaines victimes elles-mêmes. Des déclarations auraient notamment été faites publiquement devant le ministre de la Justice lors de son passage à Kisangani l’année dernière.
Pour le responsable de FRIVAO, l’audit doit ainsi permettre de disposer d’un fichier fiable avant de poursuivre les paiements. Il assure par ailleurs qu’aucune décision visant à supprimer l’indemnisation individuelle n’a été prise. Les deux mécanismes de réparation, individuelle et collective, demeurent maintenus.
Les ressources financières ne sont pas épuisées
Alors que des rumeurs font état d’un épuisement des ressources destinées aux réparations, le président du Conseil d’administration a.i. de FRIVAO se veut rassurant.
Il a rappelé que le gouvernement congolais a déjà reçu quatre tranches de 65 millions de dollars chacune, sur les 325 millions de dollars prévus au titre des dommages-intérêts conformément à l’arrêt de la Cour internationale de Justice (CIJ) relatif aux réparations.
La cinquième et dernière tranche, également évaluée à 65 millions de dollars, est attendue en septembre 2026.
Dismas Kitenge affirme que les ressources disponibles permettront de poursuivre les réparations en faveur des victimes. Il précise que la quatrième tranche ainsi que le reliquat des trois premières sont sécurisés.
Un rapport attendu avant la reprise des paiements
Le rapport d’audit devra être transmis aux autorités compétentes, notamment au gouvernement congolais, qui devra en examiner les conclusions et recommandations. C’est à l’issue de cette étape que les indemnisations individuelles pourront reprendre.
En attendant, FRIVAO appelle les victimes à la patience et entend rassurer sur la continuité du processus de réparation. L’enjeu reste désormais de disposer d’un fichier crédible et régulièrement vérifié afin d’éviter les doublons, les bénéficiaires fictifs et toute autre irrégularité susceptible de compromettre la bonne exécution des indemnisations.
Trésor Makaya





