La RDC annonce un nouveau mécanisme de recrutement des dirigeants des entreprises publiques fondé sur le mérite, la transparence, l’équité et l’égalité des chances. À première vue, la nouvelle mérite d’être saluée. Qui pourrait être contre le mérite ?Mais une question fondamentale s’impose : le mérite est-il une réalité ou simplement un slogan politique de plus ?Le Congo n’a jamais manqué de beaux discours. Depuis l’indépendance, combien de réformes ont été lancées au nom de la bonne gouvernance, de la lutte contre la corruption ou de la modernisation de l’État ? Très peu ont survécu à l’épreuve des faits.Le mérite ne réside pas dans l’organisation d’un concours. Il réside dans la capacité de respecter les résultats du concours.Car un processus peut être parfaitement organisé… puis être totalement vidé de son sens si, au bout du compte, les décisions sont prises ailleurs, selon d’autres critères : appartenance politique, proximité familiale, équilibre régional ou fidélité personnelle.Le véritable test n’est donc pas le lancement du processus. Le véritable test sera la nomination finale.Les entreprises publiques comme la SNEL, la REGIDESO ou la RVA ne sont pas des récompenses politiques. Elles gèrent des secteurs stratégiques qui conditionnent la compétitivité de toute l’économie nationale. Lorsqu’elles sont dirigées par des personnes choisies pour leurs relations plutôt que pour leurs compétences, c’est toute la nation qui paie la facture : délestages, pénuries d’eau, infrastructures défaillantes, déficits chroniques et perte de confiance des investisseurs.Le mérite exige également une autre révolution : celle de l’évaluation. Dans les grandes économies, un dirigeant est maintenu parce qu’il atteint des objectifs mesurables. Au Congo, on demeure souvent en fonction malgré des résultats médiocres, simplement parce que l’on bénéficie d’une protection politique.Voilà le vrai défi.La transparence ne consiste pas seulement à publier un avis de recrutement. Elle consiste à rendre publics les critères d’évaluation, les résultats, les classements et les raisons qui justifient chaque nomination.Sans cela, le mérite devient un simple emballage destiné à légitimer des décisions déjà prises.Le Congo possède des milliers de femmes et d’hommes compétents, au pays comme dans la diaspora. Ce qui manque n’est pas le talent ; c’est un système capable de reconnaître ce talent sans interférence.Espérons donc que cette initiative marque enfin le passage d’une culture de la recommandation à une culture de la compétence.Car une nation ne se développe pas avec les mieux connectés.Elle se développe avec les meilleurs.
CLBB





