De la longue liste des grands auteurs-compositeurs de la musique congolaise, il faut citer le nom de l’ancien joueur de l’équipe Vita club converti en musicien, Freddy Mayaula Moyoni, fils d’un ancien diplomate.

Parmi ses chansons les plus réussies figure « Chérie Bondowe » qui a traversé des générations.
Dans cette chanson, cet ancien garçon du quartier Immocongo, aujourd’hui 20 mai à Kinshasa raconte l’histoire d’une femme mariée, divorcée et convertie en prostituée. Après le divorce, la dame a décidé d’ouvrir un petit bistrot dans un coin de la ville portuaire de Matadi, d’où « Ndumba ya Matadi ».
Son succès dû à son habillement en « zigida », cette coiffure congolaise qui a connu un grand succès, ne cesse de susciter le couru des femmes mariées qui sont mécontentes de voir leurs maris passer des heures chez cette Kinoise » Ndumba molaso Bondowe ».
Une chanson qui divise deux présidents
Le succès de cette chanson a traversé fleuves et rivières. L’Empereur Jean Bedel Bokasa et ancien président du Centre Afrique rafollait la chanson jusqu’à intimer l’ordre à la radio nationale de la faire passer en boucle. Dans l’autre rive de la rivière Ubangi, un affluent du fleuve Congo, le tout puissant président du Zaïre devenu Maréchal, Désiré Mobutu, ce fut un affront.
Le chef de l’État zaïrois ne supporta pas que cette chanson qui met en vedette une pute de son pays soit diffusée sur les antennes de la chaîne nationale. Interdiction formelle de diffuser le morceau. Cette position de l’aigle de Kawele mit fin à des spéculations selon lesquelles « Ya Dési » fut originaire du Centre Afrique. Ce fut le cas avec l’interdiction de l’orchestre très célèbre « Trio Madjesi » de se produire au Zaïre après un concert à Bangui. Mobutu veillait sur la dignité de la femme zaïroise lui imposée par sa première épouse, la très chère Maman Marie Antoinette Mobutu, l’initiatrice des Foyers sociaux Maman Mobutu qui veilleront à l’éducation des jeunes filles de son pays.

Pour la petite histoire, Trio Madjesi, un groupe de musique fondé en 1972 et disparu en 1977 qui avait fait un retour dans les années 1980, populaire au Zaïre (aujourd’hui République Démocratique du Congo, RDC) dans les années 1970 et années 1980, formé par trois chanteurs et auteurs-compositeurs : Mario dit Buana Kitoko, Loko Masengo Djeskein et Saak Saakul Sinatra de son vrai nom Bonghat Tshekabu avait été invité par le même Empereur Bokasa qui se retrouvait mieux dans la musique zaïroise de l’époque.

Les ténors du groupe avaient raconté des bobards à l’Empereur jusqu’à nier le soutien financier de Mobutu. Ce qui fut annoncé à Mobutu par deux géants de la musique congolaise très bousculés par le succès de Trio Madjesi dans le Hit-Parade: Franco Luambo Makiadi, alors, président de l’Union des musiciens du Zaïre (UMUZA) et Tabu Ley. Cette décision marqua la disparition de l’orchestre.
Un grand artiste
Freddy Mayaula Moyoni fit une tournée en Afrique de l’Ouest avec quelques musiciens de la capitale et le jeune Malage de Lugendo encore méconnu du grand public. Un album en duo Malage-Carlito signé Mayaula, sponsorisé par Air Zaïre.

Son album sorti en 1997, sera l’apothéose de sa carrière, un album intemporel chanté par Carlito et Abby Surrya. Ousmane Bakoyoko, Don Padrino, Amour au Kilo etc…
Sans oublier sa collaboration avec Mpongo-Love et Tshala Muana. Les titres comme Ndaya, Nasi nabali etc… portaient bel et bien la signature de l’ancien attaquant de l’AS Vita-Club de Kinshasa. Un homme talentueux dans tout ce qu’il faisait. Un dernier surnom : ’’Don Padrino’’ en guise d’au revoir.
Mayaula Mayoni Freddy né à Kinshasa en 1946, décédé à Bruxelles en mai 2010. Ses œuvres musicales avaient tout simplement remplacé ses buts marqués, ou encore les buts qu’il voulait marquer avec son équipe, le V Club.
Retour sur une chanson qui berce encore les férus de la bonne musique congolaise qui n’a rien à comparer avec les morceaux sans histoire produits par les Kuluna comme « Grand monde » repris dans les coins et recoins de Kinshasa même dans les fêtes de mariage avec ses bêtises.
JK





