L’ultimatum fixé pour le retrait des troupes rwandaises expire ce 15 juillet 2026.
C’est la crédibilité de l’administration américaine qui est mise à l’épreuve face à la posture de défi adoptée par Kagame, qui refuse de retirer ses quelques 10.000 à 15.000 soldats du territoire congolais. D’ailleurs, ces derniers jours les rebelles s’enhardissent et revendiquent de nouvelles conquêtes territoriales dans le Sud-Kivu et menacent la province du Tanganyika.À ce stade, si la situation n’évolue pas positivement, le schéma de la coercition brutale pourrait apparaître comme l’une des options susceptibles de faire changer les choses. La rébellion du M23 (comme toutes les précédentes) ne pourrait tenir durablement sans des complicités extérieures. Tous les rapports de l’Onu sont formels : c’est l’armée rwandaise qui est la colonne vertébrale de l’Afc/M23. Il y a convergence d’intérêts entre cette rébellion et le Rwanda. Ce dernier ne veut pas lâcher le morceau juteux du territoire congolais qu’est le Kivu et espère à terme y exercer d’une manière ou d’une autre son empire. L’Afc/M23 a dans ses cartons un projet fédéral qui arrange justement le Rwanda en rendant possible un détachement en « mode soft » de la région convoitée. Comme toujours dans ce genre d’accords, qui vise la conquête du pouvoir, le parrain n’agit pas par philanthropie, et il exige de se payer sur la bête. Ainsi, l’Afc M23 hypothèque d’une certaine manière le territoire congolais du Kivu en échange du soutien militaire actif du Rwanda.Malheureusement, certains opposants congolais appâtés par des promesses alléchantes ou aveuglés par une double soif, de revanche et du pouvoir, sont au mieux ce qu’on appelle des « idiots utiles », et au pire des traîtres. Auxquels il faut ajouter les ambitieux sans scrupules et les groupes d’intérêt internes qui font de l’entrisme dans l’espace politique et tentent d’affaiblir la position diplomatique du pays. Sur l’avenir de cet accord de Washington, il faudra désormais observer la réaction des autorités américaines : vont-elles vouloir aller au bout de la logique de l’accord ou tergiverser jusqu’à le rendre caduc, comme les innombrables autres médiations qui se sont heurtées auparavant à l’éternelle duplicité de Kigali ?Dans le cas où Washington voudrait aller jusqu’au bout de la logique de l’accord, si le niveau maximal des sanctions envers les entités hostiles à la paix n’est pas dissuasif, il faudrait par conséquent crever le plafond des sanctions et les traiter comme des entités terroristes (ce qu’elles sont par ailleurs de par leur palmarès hallucinant d’atrocités meurtrières).Dans le reste du monde les grandes puissances ont toujours traité les terroristes de la même manière, pourquoi le Congo ferait-il exception ? Quelques drones suffiraient pour neutraliser les principaux animateurs de cette rébellion. Et ce ne sont pas les millions de victimes de cette guerre de prédation qui s’en offusqueraient…
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Charles Kabuya





