Le monde de la musique congolaise est en deuil. Le saxophoniste international Mekanisi Zemba, plus connu sous le nom de Modero, est décédé aux États-Unis à la suite d’une longue maladie, laissant derrière lui l’image d’un musicien talentueux, d’un arrangeur hors pair et d’un homme qui aura profondément marqué l’histoire de la rumba congolaise.Ancien chef d’orchestre de l’Afrisa International du Seigneur Tabu Ley Rochereau, Modero était bien plus qu’un simple instrumentaliste. Saxophoniste chevronné, grand arrangeur, présentateur bilingue et véritable pilier de l’orchestre, il s’était imposé par son intelligence musicale, sa rigueur et son sens du détail. C’est cette polyvalence rare qui lui avait valu la confiance de Tabu Ley et le statut de chef d’orchestre au sein de l’un des groupes les plus prestigieux de la musique africaine.La triste nouvelle a été annoncée par Dino Vangu qui, depuis l’Europe, s’est montré profondément bouleversé, la voix nouée par l’émotion et les larmes aux yeux. À travers cette disparition, c’est toute une époque qui vacille, celle des grands artisans de l’âge d’or de la musique congolaise.Né en 1944 dans le Bandundu profond, Modero avait entamé sa carrière musicale au sein de Rossignol et de Bokelo Isenge, avant de rejoindre Afrisa International, où son génie allait pleinement s’exprimer. Doté d’une intelligence remarquable et d’une oreille musicale exceptionnelle, il a contribué à l’arrangement de nombreuses œuvres devenues des références, participant à façonner le son, l’élégance et la richesse orchestrale de la rumba congolaise.Au fil des années, il a laissé une empreinte indélébile dans l’univers musical congolais, tant par son jeu au saxophone que par son apport dans la conception et la structuration de plusieurs tubes à succès. Derrière son nom se cache un immense bâtisseur de la musique, un homme de l’ombre dont le talent a illuminé des générations de mélomanes.

À ce stade, aucune précision n’a encore été donnée sur les modalités de ses obsèques. Le flou demeure quant à savoir si son corps sera inhumé aux États-Unis ou rapatrié à Kinshasa, sa terre de cœur et celle de tant de souvenirs artistiques.Avec la disparition de Modero, la musique congolaise perd l’un de ses grands serviteurs, un homme discret mais essentiel, un maître du saxophone et un artisan précieux de l’héritage laissé par Afrisa International. Que son âme repose en paix.
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Deb’s BUKAKA





