Le mouvement politique Sauvons la RDC est monté au créneau mardi 5 mai pour dénoncer avec vigueur les sanctions imposées par les États-Unis contre l’ancien président de la République, Joseph Kabila, qualifiées d’« arbitraires » et « dénuées de fondement ». Dans un communiqué au ton particulièrement ferme, cette plateforme d’opposition accuse Washington de s’aligner sur un « narratif fallacieux » du pouvoir en place à Kinshasa et d’agir au mépris de la souveraineté congolaise.
Dans ce texte, Sauvons la RDC exprime sa « grande indignation » face à une décision qu’elle considère comme une injustice visant un acteur clé de l’histoire récente du pays. Le mouvement rappelle que l’ancien chef de l’État avait, selon lui, joué un rôle déterminant dans la stabilisation de la République démocratique du Congo au début des années 2000, mettant fin à la guerre, réunifiant le territoire et organisant les premières élections démocratiques. Il insiste également sur le respect par Joseph Kabila de la limitation constitutionnelle des mandats, ayant conduit à la première alternance pacifique du pouvoir en 2019.
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Au-delà de la défense du bilan de l’ex-président, le communiqué développe une critique frontale du régime actuel, accusé d’être à l’origine de ces sanctions. Selon Sauvons la RDC, la décision américaine serait le résultat d’une « manœuvre politique savamment orchestrée » par les autorités de Kinshasa, dans le but d’écarter un adversaire de poids sur l’échiquier national. Le mouvement va plus loin en évoquant un « soutien inconditionnel » des États-Unis au pouvoir en place, au détriment des principes d’équité et d’impartialité.
Le texte dresse également un tableau alarmant de la situation actuelle du pays, dénonçant des violations graves des droits humains, des arrestations arbitraires, des enlèvements d’opposants et des massacres de civils. Il accuse le régime de refuser le dialogue politique et de contribuer à l’escalade des tensions sécuritaires, notamment à travers des alliances controversées et la prolifération d’armes au sein de groupes armés et de milices.
Sauvons la RDC pointe par ailleurs ce qu’il qualifie de « contradictions majeures » dans la position américaine. Le mouvement s’étonne que Washington, qui avait soutenu l’alternance politique de 2019, sanctionne aujourd’hui celui qu’il présente comme l’artisan principal de cette transition, tout en restant silencieux face aux dérives actuelles du pouvoir. Il évoque également l’absence de réaction des États-Unis face à ce qu’il décrit comme des actes graves visant Joseph Kabila, notamment une condamnation à mort jugée « irrégulière » et une tentative d’assassinat présumée.
Dans cette optique, le mouvement estime que ces sanctions ne contribuent pas à résoudre la crise congolaise, mais risquent au contraire de l’aggraver. Il met en garde contre une lecture « simpliste » d’un conflit qu’il juge complexe et multidimensionnel, et critique l’usage des sanctions comme solution politique.
En conclusion, Sauvons la RDC appelle les autorités américaines à reconsidérer leur décision et à lever les sanctions contre l’ancien président. Le mouvement réaffirme également sa détermination à poursuivre son combat contre toute tentative de modification de la Constitution visant à prolonger le pouvoir en place, plaidant pour la restauration de la démocratie, de la souveraineté nationale et de la dignité du peuple congolais.
Signé par plusieurs figures politiques, dont Augustin Matata Ponyo, Franck Diongo ou encore Jean-Claude Vuemba, ce communiqué s’inscrit dans un climat politique de plus en plus tendu en République démocratique du Congo, où la question des équilibres de pouvoir reste au cœur des débats.
NGK




