Dans sa déclaration du dimanche 17 mai 2026, le président intérimaire et secrétaire général de l’Udps en appelle au retour à l’Acte constitutionnel de la Conférence nationale souveraine…
CHEF D’ETAT « REGNANT », PREMIER MINISTRE » GOUVERNANT
Lire aussi
Traduite en français, sa déclaration en lingala est : «Nous devons reprendre la Constitution de 1992, rédigée sans pression par tous les Congolais lors de la Conférence nationale souveraine. Les travaux étaient dirigés par le cardinal Laurent Monsengwo Pasinya. tata Cardinal doit en avoir une copie. Nous allons adapter cette Constitution à nos réalités_», rapporte le média en ligne pressafriquenews.net »dans sa livraison du lundi 18 mai 2026. Et d’ajouter :
« La Constitution de 2006 a été imposée sous pression de la communauté internationale, alors que celle de 1992 est un pur produit du génie congolais. Il est temps de nous réapproprier notre destin_« . Manifestement, le chef de l’exécutif de l’Udps ne sait pas que l’Acte auquel il fait allusion ne s’appliquait qu’à la Transition. D’où sa dénomination « ACTE PORTANT DISPOSITIONS CONSTITUTIONNELLES RELATIVES A LA PERIODE DE TRANSITION DU 04 AOUT 1992 ». C’est un texte différent de celui adopté en 1994 intitulé « ACTE CONSTITUTIONNEL DE LA TRANSITION DU 09 AVRIL 1994 ».
DE LA LOI FONDAMENTALE DE 1960 À LA CONSTITUTION DE LULUABOURG EN 1964
Pour revenir à celui auquel il fait allusion, ce texte dispose à son article 66, section III, au sujet du « GOUVERNEMENT » :
« Le Gouvernement conduit la politique de la Nation telle que définie par Conférence Nationale Souveraine. « Il exécute les actes de la Conférence Nationale Souveraine et les lois de la République. « Il dispose de l’Administration et de la force armée. « Il est responsable devant le Haut Conseil de la République dans les conditions définies parle présent Acte fondamental« .
En fait, l’Acte constitutionnel de 1992 conforte le régime parlementaire, donne le gros du pouvoir exécutif au Gouvernement et dépouille le Président de la République des prérogatives régaliennes ! Ça, Augustin Kabuya ne le sait pas. Pour rappel, Etienne Tshisekedi était pour la réduction stricte des prérogatives du maréchal Mobutu réduit à un chef d’Etat régnant sur le modèle de l’Allemagne, de l’Italie, du Portugal, de l’Autriche, d’Israël ! D’ailleurs, la Constitution de la Cns a eu pour référence la loi fondamentale d’inspiration belge adoptée à l’accession du Congo à l’indépendance et la Constitution de Luluabourg de 1964 faisant du chef de l’Etat un régnant et du Premier ministre le vrai gouvernant. Vraisemblablement, Augustin Kabuya ne sait pas pourquoi pendant les 7 ans de la première transition (1990-1997) Etienne Tshisekedi n’ambitionnait pas de succéder à Mobutu pour une présidence de la République réduite à inaugurer les chrysanthèmes.
PAS DE BACKGROUND NÉCESSAIRE
En préconisant le retour à la Constitution de la Cns de 1992, aurait-il annoncé une Transition post-Dialogue national ? Peut-être. Si, par contre, il l’a fait dans le cadre du débat en cours sur la révision ou le changement de la Constitution, alors il a planté par ignorance un gros coup de poignard dans le dos de Félix Tshisekedi. En effet, il est de notoriété publique que le chef de l’État actuel veut se libérer des articles 70 et 91 de la Constitution. Le premier soumet le candidat à la présidentielle au vote au suffrage universel direct et secret. Le second confie la conduite de la politique de la Nation au Gouvernement qui en rend compte à l’Assemblée nationale. Depuis son avènement à la magistrature suprême en janvier 2019, tous les actes d’Etat que Félix Tshisekedi pose sont ceux d’un Président de la République qui gouverne; ce qui est au demeurant contraire à la lettre et à l’esprit de la Constitution en vigueur. Deux preuves éloquentes : -primo, au cours des conseils des ministres, il instruit directement tous les membres du Gouvernement, de la Première Ministre au ministre délégué ; -secundo, dans le Processus de Doha (délocalisé à Montreux), il fait engager le Gouvernement par son Haut-Représentant qui n’est pas membre de l’équipe gouvernementale ! Ce qu’il faut au final comprendre au travers de l’initiative de recourir à l’Acte constitutionnel de 1992 est qu’Augustin Kabuya n’a pas le background nécessaire pour les enjeux actuels en rapport avec la loi fondamentale. Avec ses matinées politiques (l’équivalent de ses conseils des ministres hebdomadaires), il vient de rater sa sortie en marquant contre son propre camp, et surtout au mauvais moment ! *Omer Nsongo die Lema*X.com : @omernsongoE-mail : [email protected] Facebook : Omer Nsongo WhatsApp : +243993833277





