D’après son rapport annuel, la commission électorale congolaise n’a obtenu que la moitié du budget sollicité pour 2025, ce qui l’a obligée à renoncer à certains scrutins. Elle doit en outre composer avec un patrimoine vieillissant.
La Commission électorale nationale indépendante (Ceni) dresse un bilan mitigé de l’année écoulée. Celui-ci est détaillé dans un rapport d’une centaine de pages auquel Africa Intelligence a eu accès. Dans ce document, couvrant la période d’avril 2025 à mars 2026, se dessine en creux un problème récurrent : celui du financement. L’institution avait sollicité l’an dernier un budget prévisionnel d’environ 106,9 millions de dollars. Elle n’a obtenu du gouvernement qu’environ 53 millions de dollars, soit la moitié de la somme espérée.
Ce manque de moyens a eu pour conséquence de reporter sine die la tenue de certains scrutins, en l’occurrence ceux pour l’élection des conseillers urbains, des bourgmestres et des maires. Le processus avait pourtant été engagé, et le calendrier fixé entre octobre et novembre 2025. Dans son rapport annuel, la Ceni note toutefois l’organisation réussie de plusieurs scrutins indirects dans les provinces du Kwilu et du Nord-Ubangi.
Pour la centrale électorale, dont l’action demeure largement tributaire des arbitrages budgétaires du gouvernement, cette problématique financière n’est pas nouvelle. Déjà pour la présidentielle de 2023, le patron de la Ceni, Denis Kadima, avait dû batailler auprès du ministre des finances de l’époque, Nicolas Kazadi, pour obtenir les décaissements nécessaires à l’organisation du scrutin. L’institution avait été obligée de composer avec un calendrier extrêmement serré afin d’éviter le spectre d’un éventuel report. Avec pour conséquence des surcoûts qui ont fait grimper la facture totale à un peu plus de 1 milliard de dollars, soit un montant légèrement supérieur à 2018.
Machines à voter pillées ou détruites
Au-delà du report des scrutins locaux, le manque de financement affecte l’ensemble de la chaîne électorale, notamment la maintenance des équipements et leur sécurisation. En vue de la préparation du prochain cycle, la Ceni s’est attelée à dresser l’inventaire de ses infrastructures sur le territoire congolais. Or, ce patrimoine se révèle vieillissant, voire obsolète, et nécessite, selon le rapport, « une charge financière conséquente afin d’en assurer la maintenance régulière ». De nombreux véhicules sont en panne, tandis que certains bâtiments nécessitent des travaux urgents. Le document de la Ceni pointe également l’impact de la guerre contre les rebelles de l’Alliance du fleuve Congo (AFC)-M23 dans les provinces orientales du pays. Plusieurs centaines de machines à voter, d’ordinateurs ou de motos auraient ainsi été pillés ou détruits.
À cela s’ajoutent les nombreux vols enregistrés dans les installations de la Ceni, qui seraient souvent le fait des policiers pourtant censés assurer leur sécurité. Le patrimoine de l’institution a également subi un incendie qui a ravagé ses entrepôts en novembre 2025. Celui-ci a causé des dommages matériels qualifiés de « considérables » ainsi que la destruction de quatre édifices.
Bien qu’elle pâtisse d’une situation financière toujours sur le fil, la Ceni cherche à se projeter dans les prochaines élections. En plus de l’inventaire du matériel, elle entend poursuivre la mise à jour du fichier électoral, qu’elle a transmis début 2026 à l’Office national de l’identification de la population (Onip) afin que ce dernier l’aide à mener ses opérations de recensement. La Commission planche également sur des pistes de réformes électorales pour pallier certaines failles identifiées lors des élections de 2023.
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