À l’ouverture de la session parlementaire de mars, la question d’un éventuel dialogue national en République démocratique du Congo s’est imposée au cœur des débats politiques. Depuis la tribune de l’Assemblée nationale, le président de la chambre basse, Aimé Boji, a tenu à lever toute ambiguïté : le Parlement n’est pas opposé à une concertation nationale, mais celle-ci devra impérativement se tenir sur le sol congolais et sous l’autorité du chef de l’État, Félix Tshisekedi.

Devant les députés, la première ministre et son gouvernement, ainsi que le président de la cour constitutionnelle et autres autorités du pays réunis ce lundi 16 mars, le speaker a rappelé que l’idée d’un dialogue circule avec insistance dans la sphère politique et sociale, alimentée par les tensions sécuritaires et les fractures politiques qui traversent le pays. Pour autant, a-t-il prévenu, la question ne peut être abordée à la légère. Il a insisté sur la nécessité d’une approche empreinte de responsabilité et de lucidité afin d’éviter que ce processus ne devienne un instrument de règlement de comptes ou de recomposition politique opportuniste.
Lire aussi

Dans son intervention, Aimé Boji a clairement posé les balises d’un éventuel processus. Selon lui, un dialogue national digne de ce nom doit viser avant tout à renforcer la cohésion nationale, consolider les institutions et préserver l’unité du pays. Le président de l’Assemblée nationale a mis en garde contre toute tentative de détourner un tel cadre à des fins politiques, affirmant qu’il ne saurait être question d’en faire une « blanchisserie » pour certains acteurs ou un levier susceptible d’ébranler l’ordre constitutionnel.
Le message est aussi institutionnel que politique. En rappelant que toute initiative devrait se tenir sous l’autorité de Félix Tshisekedi, le président de l’Assemblée nationale a réaffirmé le rôle du chef de l’État comme arbitre des institutions et garant de leur bon fonctionnement. Une manière de souligner que la légitimité d’un dialogue national, dans le contexte congolais actuel, ne peut se construire qu’autour du cadre républicain existant.

Au-delà de cette mise au point, la chambre basse se dit prête à jouer sa partition. Aimé Boji a assuré que l’Assemblée nationale accompagnera volontiers toute initiative respectant ces principes, marquant ainsi l’ouverture du Parlement à une concertation politique, tout en traçant des lignes rouges claires.
Dans un pays où l’histoire politique a souvent été jalonnée de dialogues controversés et d’arrangements fragiles, la prise de position du président de l’Assemblée nationale intervient comme un signal : oui au dialogue, mais pas à n’importe quel prix. Pour Kinshasa, l’enjeu est désormais de savoir si les forces politiques et sociales sauront s’accorder sur les contours d’un processus capable de répondre aux tensions du moment sans fragiliser davantage l’architecture institutionnelle de la République démocratique du Congo.
NGK





