De retour dans sa ville natale à l’occasion des vacances parlementaires, le sénateur Jean Bamanisa Saidi n’a pas choisi le repos. L’élu de la province de la Tshopo a plutôt voulu prendre le pouls de la situation sécuritaire dans la ville de Kisangani, une réalité qu’il estime préoccupante dans le contexte actuel de tensions dans l’est de la République démocratique du Congo.
Son séjour dans la capitale de l’ancienne Province Orientale a été marqué par plusieurs échanges avec les autorités civiles et militaires, mais aussi par une analyse sans complaisance de l’état des infrastructures sécuritaires de la ville. Pour le sénateur, la question de la sécurité n’est plus un sujet secondaire. Elle s’impose désormais comme une priorité stratégique nationale.
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Cette inquiétude intervient alors que l’Aéroport international de Bangoka, principale porte d’entrée aérienne de la ville, a été visé ces derniers mois par des attaques de drones attribuées aux rebelles de l’Alliance Fleuve Congo et du Mouvement du 23 mars. Dans ce contexte, Kisangani, carrefour stratégique au cœur du territoire congolais, apparaît de plus en plus comme un point sensible dans l’équation sécuritaire nationale.
Lors d’un entretien avec la presse locale, Jean Bamanisa Saidi n’a pas mâché ses mots. Selon lui, la ville doit impérativement renforcer ses capacités de défense afin d’anticiper toute menace future. Il estime que la construction et la modernisation des camps militaires constituent une étape essentielle pour faire de Kisangani une véritable place forte capable de protéger sa population et ses infrastructures stratégiques.
Au cours de sa visite, le sénateur a également exprimé sa surprise face à l’état de certains sites militaires de la ville. Il cite notamment les camps de Kapalata, Sergent Ketele, Bauma et Lukusa, qu’il juge insuffisamment sécurisés ou adaptés aux défis sécuritaires à venir. Pour l’élu de la Tshopo, il est impératif d’engager une planification à long terme afin que ces installations puissent répondre aux besoins des prochaines décennies.
Cette vision stratégique repose sur une conviction simple : la sécurité d’une ville ne peut être improvisée. Elle doit s’appuyer sur des infrastructures solides, une anticipation des besoins futurs et une volonté politique constante. Jean Bamanisa insiste d’ailleurs sur la nécessité de préserver des espaces suffisants pour l’extension des installations militaires, afin d’éviter que la croissance urbaine ne compromette les capacités de défense de la ville.
Moment central de son séjour, le sénateur a également tenu une séance de travail avec le général Ndiembo, commandant de la région militaire et chef de la troisième zone de défense basée à Kisangani. Cette rencontre a permis de passer en revue la situation sécuritaire de la région et d’évaluer les dispositifs mis en place par les Forces armées de la République démocratique du Congo.
À l’issue de ces échanges, les autorités militaires ont rassuré sur la stabilité actuelle de la ville, affirmant que la situation reste calme et sous contrôle. Les forces armées poursuivent leurs formations et continuent de sécuriser l’espace national. Toutefois, le sénateur a insisté sur l’importance de renforcer la communication entre les forces de sécurité et la population afin de consolider la confiance et d’éviter la propagation de rumeurs ou de craintes injustifiées.
Au-delà de l’armée, Jean Bamanisa Saidi a également salué le travail accompli par la Police nationale congolaise à Kisangani. Il a encouragé la poursuite et le renforcement des patrouilles pédestres, un dispositif qui permet de maintenir un contact direct entre les forces de l’ordre et les citoyens, tout en renforçant le sentiment de sécurité dans les quartiers.
Pour le sénateur, la question de la défense dépasse le seul cadre local. Il rappelle que la République démocratique du Congo, riche d’immenses ressources naturelles et appelée à compter près de 200 millions d’habitants dans les prochaines décennies, doit impérativement se doter de systèmes de défense modernes capables de protéger ses richesses et son potentiel stratégique.
À l’issue de ces vacances parlementaires, Jean Bamanisa Saidi regagne Kinshasa avec plusieurs dossiers sécuritaires qu’il entend porter au niveau national. Une conviction l’accompagne désormais : préparer et protéger Kisangani aujourd’hui, c’est anticiper les défis sécuritaires de demain et garantir la stabilité d’une ville qui demeure l’un des pivots stratégiques du pays.
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