Le monde académique et médiatique congolais pleure l’un de ses plus illustres bâtisseurs. Le Professeur Émérite Paul Malembe Tamandiak, fondateur de l’Institut des Sciences et Techniques de l’Information (ISTI), devenu IFASIC puis UNISIC, est décédé ce lundi à l’âge de 88 ans. Visionnaire, formateur et homme de principes, il laisse derrière lui un héritage intellectuel et institutionnel qui a façonné plusieurs générations de journalistes et communicants en République Démocratique du Congo.
Un pionnier de l’enseignement en communication
Dans les années 1960, alors que la jeune RDC cherchait à se doter d’institutions solides, Paul Malembe Tamandiak initie le projet d’un centre de formation spécialisé en information et communication. L’ISTI naît officiellement en 1973 sous l’égide de l’Université Nationale du Zaïre. Son œuvre se poursuivra avec la réforme de 1997 qui donnera naissance à l’Institut Facultaire des Sciences de l’Information et de la Communication (IFASIC), dont il sera le premier recteur.
En 2024, l’IFASIC se transforme en Université des Sciences de l’Information et de la Communication (UNISIC), confirmant la vision de son fondateur : faire de Kinshasa une capitale académique en matière de formation aux métiers de l’information.
Le formateur d’une génération entière
Sous son impulsion, l’ISTI/IFASIC a ouvert la voie à des spécialisations jusque-là inédites au Congo : presse écrite, radio, télévision, relations publiques, cinéma ou encore gestion des entreprises de presse. Ses étudiants, devenus à leur tour journalistes, communicants, professeurs et décideurs, se comptent aujourd’hui par milliers. Beaucoup reconnaissent en lui non seulement un maître, mais aussi un père intellectuel.
Un homme de rigueur et de mémoire
Connu pour sa discipline et sa fidélité à la vérité, le professeur Malembe ne transigeait pas avec l’histoire. En 2024, lors du passage de l’IFASIC à l’UNISIC, il avait dénoncé avec force toute tentative de falsification du récit institutionnel, rappelant les combats et les sacrifices qui avaient jalonné la construction de cette œuvre académique.
Une bibliothèque qui s’éteint
« Quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle », dit un proverbe africain. Avec la disparition de Paul Malembe Tamandiak, c’est une mémoire vivante de la pensée critique congolaise qui s’éteint. Mais son héritage perdure : à travers l’UNISIC, à travers ses anciens étudiants, et à travers une idée simple qu’il n’a cessé de défendre : la communication est une arme de construction d’une nation.
La République Démocratique du Congo perd un bâtisseur, mais garde son œuvre. Et cette œuvre continuera de former, d’inspirer et de transformer.
Glad NGANGA





