Kigali, 1er août 2025.
En marge de la 20ᵉ Assemblée plénière du Symposium des Conférences Épiscopales d’Afrique et de Madagascar (SCEAM), un appel vibrant a été lancé à Kigali par les Mamans artisanes de paix des diocèses frontaliers du Rwanda, du Burundi et de la République Démocratique du Congo.
Réunies à l’initiative de l’Association des Conférences Épiscopales de l’Afrique Centrale (ACEAC), ces femmes ont remis un message poignant aux cardinaux et évêques venus de tout le continent.
Leur intervention, portée par l’émotion et la foi, a mis en lumière les profondes blessures laissées par des décennies de conflits dans la sous-région des Grands Lacs : génocide, massacres à répétition, déplacements forcés, violences intercommunautaires.
Refuser la haine, choisir la paix
Premières victimes de ces tragédies, les femmes refusent néanmoins d’être prisonnières de la douleur. « Nous refusons, grâce à notre foi, de basculer dans la spirale de la revanche. Nous voulons être le baume qui réchauffe les cœurs meurtris dans un jardin où fleurissent l’amour et la convivialité », ont-elles déclaré devant les pères synodaux.
Une vision pour l’Afrique
Leur message dépasse les frontières de la sous-région. Elles appellent à bâtir une culture de la paix durable, fondée sur le pardon, le dialogue, la justice et la fraternité. Elles exhortent l’Église à soutenir les espaces de dialogue interreligieux et à amplifier la voix des femmes, trop souvent réduites au silence malgré leur rôle crucial dans la cohésion des communautés.
Un appel aux autorités religieuses et politiques
Les « Mamans de l’ACEAC » demandent aux évêques africains de porter leur voix auprès du Pape Léon XIV, des gouvernements et des acteurs de la paix : « Nous sommes fatiguées du spectacle macabre des guerres à répétition. Nous voulons redevenir semeuses d’espérance pour nos familles et nos peuples », ont-elles confié.
Une mobilisation pour la vie
Le message des femmes des Grands Lacs sonne comme un tournant : celui d’un passage de la souffrance subie à l’engagement assumé. À travers leur foi, elles veulent ouvrir un chemin de paix, dans une région encore marquée par les cicatrices de l’histoire.
Sophie AGULUNGU



