Le président burundais, Évariste Ndayishimiye, a officiellement pris ce samedi la présidence tournante de l’Union africaine (UA) pour un mandat d’un an, succédant à son homologue angolais, João Lourenço lors du 39ᵉ Sommet des chefs d’État et de gouvernement, tenu à Addis-Abeba.
Présent à Addis-Abeba, Évariste Ndayishimiye a multiplié les rencontres diplomatiques, notamment avec le Secrétaire général de l’ONU et d’autres dirigeants africains et internationaux, afin de préparer un mandat axé sur la paix, le développement et l’intégration régionale.
Une présidence porteuse de responsabilités et de promesses
À Bujumbura, la prise de fonction est accueillie comme un « signe de confiance politique » et une opportunité historique pour le Burundi. Selon l’ambassadeur Édouard Bizimana, ministre burundais des Affaires étrangères, ce mandat représente non seulement une chance politique et économique, mais aussi « une responsabilité collective nécessitant l’implication de l’ensemble de la société burundaise, des institutions publiques et privées, du secteur économique, de la jeunesse et des partenaires du pays ».
Parmi les priorités annoncées figurent :
• L’accélération de la mise en œuvre du thème de l’année 2026 de l’UA : « L’eau et l’assainissement pour tous d’ici 2063 ».
• La promotion de la paix et de la sécurité à travers le dialogue continental de la jeunesse, la recherche et l’innovation.
• Le renforcement de la participation des jeunes et des femmes aux processus de paix, dans le cadre de l’initiative « Faire taire les armes d’ici 2030 ».
• La contribution à l’opérationnalisation de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), avec un accent sur le commerce électronique.
Des défis géopolitiques majeurs
Malgré l’enthousiasme à Bujumbura, certaines voix restent sceptiques. La rébellion de l’AFC/M23, présente dans l’Est de la République démocratique du Congo, a exprimé ses inquiétudes quant à l’impartialité du président burundais. Selon Corneille Nangaa, coordonnateur du mouvement rebelle, « la communauté internationale et les institutions continentales doivent exercer une vigilance soutenue pour prévenir toute escalade et éviter une aggravation des tensions ethniques et de la crise humanitaire ».
Le mandat burundais s’inscrit également dans un contexte de tensions persistantes avec le Rwanda, notamment après l’occupation et la libération de la ville d’Uvira par l’AFC/M23. Bujumbura accuse Kigali de soutenir la rébellion et de chercher à régionaliser le conflit, un dossier qui restera au centre des discussions continentales.
Une première historique pour le Burundi
Avec cette présidence, le Burundi entre pour la première fois depuis la création de l’Organisation de l’unité africaine en 1963 dans le cercle très restreint des pays africains à occuper la présidence tournante de l’UA. Le mandat d’Évariste Ndayishimiye s’annonce donc historique et déterminant, tant pour le Burundi que pour le continent africain.
Glad NGANGA



